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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 08:12

 

Le Breton de Batz-sur-Mer

Brehonñeik Baz

Blog Karrikell

Pour aller sur le premier article et sommaire

 


 

Collecteurs du breton de Batz (7/10)

 

 

leon_bureau.JPG

 Léon Bureau

 

 (extrait de l'affiche de l'exposition

"La langue bretonne au pays de Guérande"

Musée des marais salants -Batz-sur-Mer)

 

 

Léon Bureau, industriel nantais et passionné de langues, fut le principal collecteur du breton de Batz. Il l'apprit vers 1875 au contact de différents informateurs, dont Marie-Françoise Mouilleron, qui exerçait la profession de porteuse de sel. Son intérêt pour le breton de Batz

s’expliquerait par une histoire peu banale : il aurait vécu un naufrage avec l’un des membres de la communauté bretonnante locale. 

Citons Emile Ernault[8], qui compila les notes de Bureau, puis Pierre Le Roux en 1910 (ALBB[7], Batz est le point d’enquête 90),

Dom Gaston Godu en 1942, Per Manac’h en 1959, Léon Fleuriot en 1960-61 et Donatien Laurent en 1962, qui tous interrogèrent des locuteurs.

Plus récemment, citons le rôle particulier de Gildas Buron, conservateur du Musée des marais Salants de Batz, qui a réuni une quantité appréciable d’informations sur le breton local au long de 25 années de recherches documentaires et d’enquête auprès des enfants et petits-enfants de bretonnants, et a rassemblé la plus grande part des sources connues.

Aujourd’hui on connaît du breton de Batz plus de 2000 mots et formes verbales issus de textes et de nombreuses notes, une chanson complète et deux bribes de chansons, et un court enregistrement d’un locuteur, M. Jean-Marie Cavalin, réalisé en 1959 par Per Manac’h. L’ensemble de ces données sera prochainement présenté dans un ouvrage de référence que prépare G. Buron.

   

Un cinquième dialecte du breton ?

Il est tentant de considérer le breton de Batz-sur-Mer comme un dialecte à part du fait de ses nombreuses particularités : en comparaison, il

est plus éloigné du vannetais que le léonard ne l'est du cornouaillais. Certains emploient même le terme de « breton guérandais », mais en

 l’absence regrettable d’études sur le breton parlé autrefois dans le reste de la presqu'île de Guérande, ou même de données antérieures au

 XIXe siècle, comment déterminer si ces particularités sont dues à l’isolement, ou si elles sont la marque d'un supposé dialecte guérandais ?

 Voici quelques éléments de réponse : 

 

Trois mots notés à Piriac en 1823

 En 1823, Edouard Richer collecta à Piriac-sur-Mer trois mots bretons qui semblent présenter les traits du breton de Batz-sur-Mer : 

    * garelé (plie, sorte de poisson) comporte, à côté du vannetais karlé, l’adoucissement de la consonne initiale k > g relevé à Batz-sur-Mer

dans des mots comme gorn et garreik. Cependant cette prononciation touche aussi dans le français régional des mots romans : gamion pour camion, etc. L’influence de la phonétique bretonne n’est donc pas certaine.

    * morgouilh, méduse, n'est pas attesté en breton de Batz. On notera toutefois l'emploi du très similaire « margouille » dans le gallo de la proche Brière, ce qui suppose la diffusion ancienne de ce mot dans le breton régional.

    * kourrikan (noté Kourican par Richer), variante de korrigan, est connu sous une forme identique à Batz-sur-Mer (témoignage recueilli par Gildas Buron) et au Pouliguen (« Grotte du Courican » citée par Aristide Monnier en 1891, aujourd'hui Grotte des Korrigans sur la carte IGN).

 

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