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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 15:17

Les Marches de Bretagne

@Karrikell –2 Septembre 2010

 

 

Article provenant du site du Conseil Générale de Loire-Atlantique

e http://culture.loire-atlantique.fr/culture/jcms/cu_12234/les-marches-de-bretagne

article composé par le Conseil Général pour l'exposition "Marches de Bretagne"

 

« Marche »

Mot d'origine franque signifiant frontière, la marche est un territoire tampon, dont les limites, la superficie et le statut ont varié au cours des siècles.


La marche carolingienne

Institution créée par Charlemagne sur les frontières du royaume franc, la marche avait pour but de les défendre contre les populations turbulentes qui s'agitaient au-delà.

En créant celle de Bretagne, l'empereur avait aussi en vue d'en faire une base pour la conquête et la soumission de celle-ci.

Vaste circonscription militaire, elle recouvrait les comtés de Rennes, Vannes et Nantes. Le marquis, chef de cette région, était en même temps le comte de Nantes.

Le successeur de Roland, premier préfet de la marche, après avoir parcouru la Bretagne, reçut sa soumission en 799. Les institutions carolingiennes pénétrèrent progressivement, mais la conquête définitive ne fut pas assurée pour autant.

De nombreux soulèvements, facilités par les divisions de la famille impériale, aboutirent à la grande avancée bretonne vers l'Est, sous la conduite de Nominoë et de ses successeurs, qui finirent par s'assurer le contrôle de ladite marche, dont le rôle s'inversa.

 

La marche féodale (Xe-XIIIe siècles)

Au cours de cette période, marquée par les luttes féodales, la frontière bretonne connut d'abord des avancées et des reculs successifs.

Vinrent ensuite des fixations après l'atténuation des rapports de forces opposant entre eux les seigneurs des différentes principautés voisines (Bretons, Normands, Manceaux, Angevins et Poitevins).

Enfin, on aboutit à l'enracinement quasi définitif des limites bretonnes, garanti notamment par la conclusion de traités dits de finibus entre les princes riverains, à l'origine des marches séparantes. Il se marque par la reconnaissance mutuelle de repères fixes et durables sur le terrain, le renforcement des systèmes défensifs.

Ce résultat permit par ailleurs l'intensification des défrichements et l'incitation au peuplement des secteurs nouvellement conquis sur la nature, ainsi que le développement des échanges interrégionaux (économiques, artistiques, culturels).

 

Solidement constituées dès la fin du XIVe siècle, elles sont à la fin du Moyen Age le théâtre des grands conflits du moment (guerre de Succession de Bretagne, guerre de Cent Ans, guerre de Bretagne…).

Ces marches ont un statut juridique très particulier, fondé sur les principes intangibles de la stricte indivision du fonds, la double souveraineté politique, et le système -fort complexe- de la cogestion seigneuriale.

Elles sont composées d'environ 80 paroisses, dont une cinquantaine en marches communes, et les autres avantagères à la Bretagne, au Poitou ou à l'Anjou.

Elles bénéficiaient, de la part des ducs de Bretagne et des comtes de Poitou, d'exemptions de toutes tailles, fouages et autres impôts relatifs à l'entretien des gens de guerre, moyennant un octroi de deniers fait lors de l'avènement.

Pour ces privilèges, confirmés par les rois successifs, les marches bénéficiaient du soutien des états. Leur statut juridique et fiscal subsista ainsi jusqu'en 1789.

Bibliographie

  • Levillain (Léon), " La marche de Bretagne, ses marquis et ses comtes ", dans Annales de Bretagne, t.LVIII, 1951, pp.88-117.
  • Tonnerre (Noël-Yves), Naissance de la Bretagne, Presses de l'Université d'Angers, 1994.
  • Cintre (René), Les marches de Bretagne au Moyen Age, Pornichet, éd. Jean-Marie Pierre, 1992
  • Cheneau (Yves), Les marches communes du Poitou et de Bretagne et leurs paroisses au XVIIIe siècle, Cholet, Impr. Farré et Freulon, 1950

Sources aux archives

  • Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1742-1746, 3 vol.
  • -pour la période carolingienne : chroniques historiques, vies de saints, Cartulaire de Redon, contenant des documents relatifs à son abbaye remontant au IXe siècle,
  • -pour les périodes suivantes : Séries B, E , Trésor des Chartes, C, II C, L.

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