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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 08:30

Sources :



  • Bocage et plaine dans l'Ouest de la France d'Anne-Marie Charaud

    Note Karikkell : texte de 1949 de qualité universitaire principalement axé sur les gagneries.On excusera le champ d'étude « Loire-inférieure et Vendée » qui exclut de l'étude le reste de la Bretagne et qui exclue donc la continuité territoriale en Morhihan et Ille-et-Vilaine.on excusera aussi la confusion « Bretagne » pour « Basse Bretagne ». Ce texte émet des hypothèses entre peuplement breton et gagneries.Il fait allusion aux frairies et à la toponymie bretonne.

     


    Zone en Loire-Atlantique des îles ou gaigneries et des frairies

  • Hubert Maheux, http://insitu.revues.org/2350

    Hubert Maheux, « Champs ouverts, habitudes communautaires et villages en alignements dans le nord de la Loire-Atlantique : des micro-sociétés fossilisées dans l’Ouest bocager », In Situ

    extrait :

    "Au nord de la Loire-Atlantique, le pays de Châteaubriant a été considéré jusque dans la seconde moitié du XXe siècle comme un pays de bocage. Pourtant dans sa partie occidentale, qui correspond au canton de Derval, les paysages ouverts, composés de landes et de champs en lanières non clos, ont été majoritaires jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle, époque à laquelle l’embocagement fut massif...C’est dans cette région défavorisée qu’ont longtemps subsisté les paysages ouverts à pratiques communautaires, associés à un type d’habitat organisé en alignements...Dans la grande moitié nord-ouest du département de la Loire-Atlantique, jusqu’au milieu du XIXe siècle, les cultures étaient pratiquées dans des champs ouverts pouvant atteindre jusqu’à 15 hectares, divisés en parcelles en lanières cernées par une haie commune qui les séparait de la lande aux « terres vaines et vagues ». Ces petits openfields sont connus sous le nom de « gaigneries »... Il semble que la persistance de ces pratiques communautaires soit liée à l’existence des frairies...

     

     

     

  • Liste des frairies par communes

    http://vincnet.g.free.fr/histoire/index_Frairie_relev%E9_liste.htm

    Note Karrikell : un début de listes de frairies par communes .

  • Frairies et droits d’enfeu

    (http://www.journal-la-mee.fr)

    Note Karrikell : Liste des frairies de Derval, notions de « paradis », de biens communautaires, bâtonnier ou marguillier

  • Les frairies ( ou communautés bretonnes d'habitants sur le pays de REDON)

    http://stmarcellin.free.fr/lesfrairies.htm

    Note Karrikell : terme « Communs de Bretagne » et première reconnaissance officielle dans les textes des frairies en 1185

  • site « PRINQUIAU village de Haute-Bretagne »

Les Frairies : http://leray.bruno.free.fr/histoire/frairie.htm

Note Karrikell : notions de Communauté de sang, existence jusqu'aux années

1960 et mort des frairies

 

Frairies de Derval, notions de « paradis », de biens communautaires, bâtonnier ou marguillier

La Paroisse de Derval connut huit Frairies.

Au IXe siècle, 
– celle du Brand avec St Glen comme patron 
– Essard avec St Meen 
– Les Guets (ou frairie du fond des bois) avec St Gwenolé

Au XIe siècle : 
– Quibut avec St Clair 
– Rohel avec St Bily 
– Vieille-Ville avec St Félix 
– Millereul avec St Vincent

Au XVIe siècle : 
– La Frairie du Bourg avec St Pierre et St Paul



L'Église en a gardé le « bénéfice » jusqu’à Vatican II.

Dans son ouvrage « Les Frairies Rurales », le marquis de tourbillonnaire dit que : « Presque toujours, chaque frairie avait sa chapelle et, dans celle-ci, des messes étaient célébrées plusieurs fois dans l’année et certains dimanches. La Frairie se définit comme une division territoriale constituant une véritable communauté de familles dépendant d’un même chef de frairie, cultivant le même sol, défendant les mêmes intérêts temporels et spirituels, dormant après la mort dans le même cimetière situé, presque toujours, auprès de la chapelle frairienne dans un lieu appelé Paradis ». 

[Ce Paradis se retrouve parfois sur le cadastre, de même que d’autres noms, Madeleine, maladrie, ladrerie ayant un lien avec l’existence d’une léproserie, souvent proche d’une chapelle seigneuriale. Les lépreux assistaient aux offices de l’extérieur et recevaient la communion dans une sébile qu’on leur passait par un orifice aménagé dans le mur de la chapelle. C’était le moyen de se protéger de la maladie. La Lèpre aurait été apportée par les Croisés]

Au point de vue social, dans chaque Frairie il existait un bien communautaire (appelé commun ou domaine à Derval) . Il s’agissait de terres indivis restant à la disposition des plus pauvres de la Frairie, chacun pouvant cultiver son petit lopin de terre : nourriture pour quelques têtes de bétail et sécurité alimentaire du lendemain.

Chaque « clan breton » élisait jadis son chef pour le représenter dans les circonstances importantes, il avait ses répartiteurs des fouages et ses représentants au Général de Paroisse. Chaque Frairie possédait « son » Bâtonnier. C’était parfois un conseiller paroissial (ou Marguillier) qui se chargeait de tout ce qui regardait son administration et la défense des intérêts de sa Frairie : réparations de puits, fours, entretien des chemins, etc.

Si un des membres de la Frairie venait à être victime de quelque fléau, ses confrères nommaient, aussitôt, deux d’entre eux pour faire une quête en sa faveur… Si les habitants de la Frairie partageaient les deuils et les chagrins de l’un d’entre eux, ils partageaient aussi les joies. S’agissait-il d’un mariage ? Les Frairiens étaient invités à accompagner la famille à l’église pour prier Dieu de bénir les époux. Ils prenaient part aux agapes fraternelles qui suivaient la bénédiction. A chaque Frairie on pouvait appliquer à juste titre, cette citation : « ECCE HABITARE FRATRES IN UNUM » : qu’il est doux, qu’il est agréable d’être fraternellement réunis.





  • Communs de Bretagne reconnus en 1185, Redon

http://stmarcellin.free.fr/lesfrairies.htm

L'existence des Frairies dans le  pays de Redon remonte à des temps immémoriaux. Il s'agit d'une communauté de travail entre habitants, d'un territoire délimité dans une paroisse ou commune, d'une assiette administrative  pour  la perception des impôts. La communauté  villageoise est reconnue pour la première fois par "l'assise au Comte Geoffroy en 1185.  Geoffroy Plantagenêt, fils d'Henri II d'Angleterre et gendre de Conan IV, duc de Bretagne. C'est le premier document juridique qui constate l'existence de la Frairie ; institution tout à fait originale.

 Au cours de l'histoire du pays de Redon on trouve de nombreux exemples de l'existence des Frairies. L'un des plus probants est celui des Frairies de BAINS SUR OUST (35) où les moines de l'Abbaye de REDON octroient des droits d'usage et de communage mais reconnaissent également un véritable droit de propriété.

         Le 10 juillet 1651, un "Arrêt de Triage" du parlement de Bretagne reconnaissait aux habitants de BRAIN SUR VILAINE contre RICHELIEU, ministre et également Abbé de REDON des droits de propriété sur les marais de la Chapelle Sainte Mélaine. L'article 10 de la loi du 28 août 1792 instituait dans les 5 départements bretons un régime particulier pour la dévolution des terres seigneuriales vaines et vagues, ces terres devenaient propriété de ceux qui avaient droit d'y communer. L'article 9 de cette même loi attribuait en France ce droit aux communes. Ainsi donc en Bretagne, ces mêmes terres, constituèrent des indivisions privées, appartenant à des communautés de villageoises d'habitants. Un droit spécial s'était crée et, par la suite le sort des biens des communautés d'habitants suivit une dérive différente de celui du domaine privé des autres communes françaises.

     Les "Communs de Bretagne" demeurant inaliénables, imprescriptibles et insaisissables, ils se différencient des "communes des communes" et ne peuvent que se partager. Ainsi qu'il en fut jugé à maintes reprises, ni le maire, ni le conseil municipal, ne sont habilités à se représenter devant une administration une communauté d'habitants dans la revendication de ses droits. Le service du cadastre, vers la moitié du 19ème siècle a admis, relevé et établi minutieusement dans toutes les communes de Bretagne, des comptes matriciels aux communautés d'habitants ou de villages quelques fois dénommés "Folio des ex-vassaux".



  • Communauté de sang, existence jusqu'aux années 1960 et mort des frairies, Prinquiau

leray.bruno.free.fr/histoire/frairie.htm



 Il faut aller loin dans le temps et dans l'Histoire pour retrouver l'acte de naissance des frairies (aux environs de 1185).

La frairie était à la fois :

1/ Une division territoriale de l'ancienne paroisse (laquelle ne portait pas encore le nom de commune).
2/ Une communauté de travail entre les habitants de cette partie de la paroisse.
3/ Une assiette administrative pour la répartition et la perception des impôts (tailles, redevance féodale, corvées etc.).

En compulsant les registres d'imposition des XVIIe & XVIIIe siècles, on constate que le pouvoir royal français n'hésite pas à baser l'égaillage (la répartition) des impôts des paroisses bretonnes sur les frairies qui les composaient. L'impôt était perçu globalement, à charge pour chacun, dans le cadre de la frairie, d'apporter sa quote-part, ce qui, fait notable, pouvait amener à des compensations des plus aisées à l'encontre des plus impécunieux.

 Une frairie était également une communauté de travail. L'agriculture était devenue avant tout une science de la localité, toute de recettes empiriques et issue d'observations particulières.

 Le cadre idéal de la frairie fut longtemps le cadre idéal pour l'agriculture de subsistance où la science des métiers était détenue par les anciens.

 La frairie pouvait se comparer aux sociétés de compagnonnage. Chacune d'elles avait ses recettes de travail, ses corvées et il était rare qu'une "corvée" déborde sur une autre frairie.

 Sur le plan religieux, chaque frairie avait sa chapelle, sa fête patronale, sa bannière et son représentant au "Conseil de Fabrique paroissial" qui tenait lieu de Conseil Municipal, sous la houlette du recteur de la paroisse.

 Il est évident que dans de telles conditions, les alliances se faisaient à l'intérieur de la Frairie. De communauté de travail, elle devenait communauté de sang et les familles qui la composaient ne portaient très souvent qu'un nombre restreint de patronymes.

La Révolution de 1793 viendra bousculer cet état de fait. Les communes prendront le relais des paroisses. Les Conseils Municipaux, des Conseils de Fabriques (dans un premier temps, on y retrouvera les mêmes personnes). Les registres - décès - mariages - naissances ne seront plus tenus par les curés. Les impôts nouveaux seront perdus différemment.

Si les frairies disparaissaient alors du paysage juridique et administratif de la Bretagne, elles laissaient encore pour de nombreuses années des traces dans le paysage social.

 Jusqu'aux derniers battages de céréales, dans les années 1950, on pouvait encore déceler une organisation du travail semblable à celle décrite plus haut. De même pour d'autres gros travaux (fenaisons, vendanges) on se souvient aussi mais pour beaucoup, le nom de frairie aura essentiellement une consonance religieuse.

 Chaque frairie continuant jusqu'à une date récente (années 1960) a être représentée dans le cadre de la paroisse par ses marguilliers (vient d'un mot latin: garde-rôle). Les marguilliers étaient choisis et demandés par le recteur, d'après les suggestions des prédécesseurs. Leur mandat : un an, débutant avec l'année civile. Il était inconvenant et... porteur de malheur, de refuser la charge.

 Consultants auprès des prêtres de la paroisse (le curé principalement) pour les affaires temporelles, ils étaient chargés des quêtes, dans et hors de l'église, quête de blé - de blé noir - de porter croix et bannières au cours des messes dominicales et des nombreuses processions dont les moindres n'étaient pas celles des Rogations, lesquelles permettaient aux membres des frairies de sillonner derrière leur bannière, les routes de leur territoire, s'arrêtant aux croix décorées, afin d'implorer du Ciel des conditions favorables pour les récoltes. Invités d'honneur au moment des visites de l'Évêque pour la Confirmation, suivies d'un grand repas au presbytère. Ils accueillaient le curé nouvellement nommé. Les derniers à avoir rempli leurs fonctions les ont exercées sous M. le curé COUTEAU, puis un nouveau paysage religieux est né, entraînant dans la désuétude, et bientôt l'oubli, des pratiques centenaires. Il y a quelques années, une association d'intérêt général née sur le territoire d'une frairie a semblé vouloir redonner vie à l'esprit que l'on pouvait supposer régner dans la frairie. L'accueil ayant été plutôt mitigé sinon franchement hostile, on peut supposer qu'est clos, au moins sous cette forme, un aspect de la convivialité qui marquait encore il y a quelques décennies la vie sociale en milieu rural.

Geneviève FREOUR Recherches collectives de M. DAMIEZ.

 

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Published by karrikell - dans Histoire
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