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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 15:29
Conan Mériadec et Maxime

Conan Mériadec et Maxime

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Conan ou Cynan Meriadec

premier roi de Bretagne qui en fit sa capitale à Nantes au 4ème siècle

 

 

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AVANT-PROPOS

 

J’ai bien conscience que mon parti-pris pourra être taxé de peu historique.

 

Je l’assume. L’histoire est humaine et dans l’histoire de Conan Meriadec certains éléments peu objectifs eux aussi l’ont catégorisé définitivement dans l’affabulation .

 

Comme le dit la maxime populaire, pas de fumée sans feu, et comme le disent les légendes (toutes basées sur du réel), je crois à l’existence de Conan .

 

Depuis la refondation de l’histoire de Bretagne par Arthur de La Borderie (fin 19eme) tous les historiens bretons ont décidé de s’aligner pour dire que Conan Meriadec n’a jamais existé .

 

Depuis la Borderie en fait, ils font démarrer l’histoire de Bretagne à Nominoë, 9 eme siècle (une Bretagne unie sous le même commandement)

 

Pourtant avant pendant des siècles les Bretons ont posé les bases d’un futur état sous la forme de royaumes tels que le Bro Waroch, Bro Leon, Bro Gerne .

 

Exit les Mériadec, Waroc’h, konomor et autres Budic .

 

Un peu comme certains aujourd’hui qui font commencer la France en 1789.

 

Le fait que Conan ait placé son siège à Nantes avait peut-être déjà gêné le ‘Rennais’ de La Borderie ? (en fait de Vitré)

Nous aborderons donc ici des élements littéraires faisant mention de Conan Mériadec.

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SOURCES

 

Qui était Mériadec ?

 

Conan est longuement évoqué par Geoffroy de Monmouth dans son « Historia regum Britanniae » rédigée entre 1135 et 1138 où il est présenté comme le neveu du roi de l'île de Bretagne Octavius qui reçoit le royaume de Bretagne de l’empereur Maximianus (le Macsen gallois)

 

Conan apparaît pour la première fois en Bretagne dans deux textes « le Livre des Faits d'Arthur » connu par un manuscrit du xve siècle, utilisé par Pierre Le Baud mais qui aurait été composé entre 954 et 10124 et le prologue de la Vita Goeznouei c'est-à-dire la vie de saint Goueznou qui daterait de 1019.

 

Il est cité dans les Mabinogion gallois, dans le songe de Macsen.

 

La sentence souvent énoncée de Conan invention de Geoffroy de Monmouth est fausse. Trop de fumée !

 

 

Je vais citer sur cet article Karrikell seulement deux sources :

 

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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 15:15
Les Mabinogion/Le Songe de Maxen Wledic
 

Les Mabinogion ou sont quatre récits médiévaux , écrits en moyen gallois (gallois du xiie siècle au xvie siècle), qui font référence à la mythologie celtique de l'Antiquité.


trad. Joseph Loth


 

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mabinogion/Le_Songe_de_Maxen_Wledic

 

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Maxen Wledic était empereur à Ruvein (Rome). C’était le plus beau et le plus sage des hommes, le mieux fait pour la dignité d’empereur de tous ceux qui avaient régné avant lui. Un jour qu’il tenait une conférence de rois, il dit à ses intimes : « J’ai l’intention demain d’aller à la chasse. » Le lendemain matin, il partit avec sa suite et atteignit la vallée d’une rivière qui arrive à Rome. Il chassa dans la vallée jusqu’au milieu du jour accompagné de trente-deux rois, tous portant couronne et ses vassaux. Ce n’était pas par plaisir qu’il chassait aussi longtemps ; il voulait se conduire comme un homme qui est le seigneur de tant de rois. Le soleil était haut dans le ciel au-dessus de leurs têtes, la chaleur était grande ; il fut pris de sommeil. Les valets de chambre dressèrent alors en cercle autour de lui leurs écus en les plaçant sur la hampe de leurs lances pour le défendre du soleil. Ils lui mirent sous la tête un bouclier émaillé d’or. Ainsi dormit Maxen.

 

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Pendant son sommeil, il eut une vision. Il lui sembla qu’il remontait la vallée du fleuve jusqu’à sa source, puis qu’il arrivait à la montagne la plus haute du monde : elle lui paraissait aussi haute que le ciel. La montagne franchie, il traversait, de l’autre côté, les contrées les plus belles et les plus unies qu’on eût jamais vues. Il apercevait de grands fleuves se dirigeant de la montagne vers la mer. Il marchait le long des rivières vers leur embouchure. Quelque temps qu’il eût mis à voyager ainsi, il arrivait à l’embouchure d’un grand fleuve, la plus grande que l’on pût voir. Il y avait à l’embouchure une grande ville et dans la ville une grande forteresse surmontée de grandes tours en grand nombre et de différentes couleurs. Une flotte se trouvait à l’embouchure de la rivière : c’était bien la plus grande qu’on eût jamais vue. Au milieu, il vit un navire beaucoup plus beau que tous les autres. Tout ce qu’il en apercevait au-dessus des flots était composé alternativement de panneaux dorés et argentés ; un pont d’os de cétacés était jeté du navire à terre. Il lui sembla qu’il traversait le pont et entrait dans le navire. Les voiles s’élevèrent et le navire partit à travers la mer et les flots.

 

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Il arriva à une île, la plus belle du monde. Après avoir traversé l’île d’une mer à l’autre et être arrivé à l’extrémité la plus éloignée, il aperçut des vallons encaissés, des précipices, des rochers élevés et une terre abrupte, très arrosée, telle qu’il n’en avait jamais vue de pareille. De là, il aperçut dans la mer, en face de cette terre sillonnée de ruisseaux, une île, et, entre l’île et lui un pays dont la plaine était aussi longue que la mer qui le bordait ; la montagne s’étendait autant que les bois. De la montagne il voyait une rivière traverser le pays et se diriger vers la mer. À son embouchure était une grande forteresse, la plus belle qu’on eût jamais vue. La porte était ouverte ; il entra. Il y aperçut une belle salle. Le toit lui parut être en or, les murs, formant cercle, en pierres précieuses étincelantes, les portes tout entières en or massif. Il aperçut des couches dorées et des tables d’argent. Sur la couche, en face de lui, étaient deux jeunes gens bruns jouant aux échecs.

 

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L’échiquier était en argent et les cavaliers en or ; les jeunes gens était vêtus de paile tout noir ; leur chevelure étaient retenue par des bandeaux d’or rouge, rehaussés de pierres précieuses étincelantes ; les rubis et les gemmes y alternaient, sans parler des pierres impériales. Leurs pieds étaient chaussés de brodequins de cordwal neuf, fermés par des lames d’or rouge. Au pied,d’une des colonnes, un homme aux cheveux blancs était assis dans une chaire d’os d’éléphant ornée de deux aigles d’or rouge. Il portait aux bras des bracelets d’or, aux doigts de nombreuses bagues, au cou un collier d’or ; un bandeau d’or retenait ses cheveux : son air était imposant. Il avait devant lui un échiquier d’or avec ses cavaliers ; il tenait à la main une verge d’or et des haches d’acier avec lesquelles il taillait les cavaliers du jeu d’échecs. En face de lui était assise une jeune fille dans une chaire d’or rouge. Elle était si belle qu’il n’était pas plus facile de la regarder que le soleil dans tout son éclat. Elle portait des chemises de soie blanche fermées sur la poitrine par des agrafes d’or rouge, un surcot de paile dorée, autour de la tête un bandeau d’or rouge rehaussé de rubis, de gemmes alternant avec des perles, et de pierres impériales ; sa ceinture était d’or rouge.

 

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Il n’y avait pas une créature offrant un plus beau coup d’œil. La jeune fille se leva de sa chaire à son approche. Il lui jeta les bras autour du cou, et ils s’assirent tous les deux dans la chaire d’or qui ne parut pas plus. étroite pour eux que pour la pucelle toute seule ; il avait les bras autour du cou de la jeune fille et sa joue contre la sienne, quand il fut tiré de son sommeil : les chiens faisaient rage contre leurs laisses, les écus se heurtaient, les hampes des lances s’entrechoquaient, les chevaux hennissaient et piaffaient.

 

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 Une fois réveillé, l’empereur n’eut plus ni vie, ni repos au souvenir de la pucelle qu’il avait vue en songe. Il n’y avait pas en lui une jointure d’os, un point à l’intérieur d’un ongle, et à plus forte raison endroit plus considérable, qui ne fût entièrement pénétré de l’amour de la jeune fille. Les gens de sa maison lui dirent : « Seigneur, il est plus que temps pour toi de manger. » L’empereur remonta alors sur son palefroi et se dirigea vers Rome, plus triste que jamais homme ne l’avait paru.

Il resta ainsi toute la semaine ; si les gens de sa maison allaient boire vin et hydromel dans des vases d’or, il restait à l’écart ; allaient-ils écouter de la musique ou des récits amusants, il ne les accompagnait point. Il n’aimait qu’une seule chose : dormir. Aussi souvent qu’il s’endormait, il voyait en songe la femme qu’il aimait le plus. Quand il était éveillé, il n’y avait pas trace d’elle : il ne savait au monde où elle était.

Le valet attaché à la chambre – et tout valet qu’il était, c’était le roi de Romani – lui dit un Jour : « Seigneur, tous tes hommes se plaignent de toi. » ― « Pourquoi donc ? » répondit l’empereur.

 

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« Parce qu’ils n’obtiennent de toi ni mission ni réponse, comme les vassaux ont l’habitude d’en avoir de leur seigneur. Voilà la cause des plaintes qui s’élèvent contre toi. » ― « Eh bien ! valet, » dit l’empereur, « amène autour de moi les sages de Rome et je dirai pourquoi je suis triste. » On réunit les sages de Rome autour de l’empereur. Il leur dit : « Sages de Rome, j’ai eu un songe, et dans ce songe, j’ai vu une jeune fille. Je n’ai plus ni vie ni repos à cause d’elle. » ― « Seigneur, » répondirent-ils, « puisque tu as jugé à propos de nous consulter, nous allons te donner un conseil. Nous sommes d’avis que tu envoies des ’messagers pendant trois ans dans les trois parties du monde pour chercher l’objet de ton songe. Comme tu ne sais ni quel jour ni quelle nuit tu recevras la bonne nouvelle, tu seras toujours soutenu par cet espoir. » Les messagers se mirent à errer à travers le monde et à chercher des nouvelles de la jeune fille pendant toute une année. Quand ils revinrent au bout de l’année, ils ne savaient rien de plus que le jour où ils étaient partis. L’empereur s’attrista en pensant que, vraisemblablement, il n’aurait jamais de nouvelles de la femme qu’il aimait le plus. Le roi de Romani dit alors à l’empereur : « Seigneur, va chasser dans la direction où il t’a semblé aller ; vois si c’est à l’orient ou à l’occident. » L’empereur partit pour la chasse et arriva sur les bords de la rivière. « Voici, » dit-il, « où j’étais quand j’eus cette vision. Je marchais en remontant la rivière vers l’occident. » Aussitôt treize hommes se mirent en route comme messagers de l’empereur.

 

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Devant eux, ils aperçurent une grande montagne qui leur semblait s’élever jusqu’au ciel. Voici dans quel attirail marchaient les messagers chacun d’eux portait sur sa cape, par devant, une manche, comme insigne d’ambassadeurs, pour qu’on ne les inquiétât pas dans les pays en guerre qu’ils auraient à traverser. Après avoir franchi cette montagne, ils eurent devant les yeux de grandes contrées au terrain uni, traversées par de grands fleuves. « Voilà, » dirent-ils, « le pays qu’a traversé notre seigneur. » La manche, à cette époque, était cette longue bande de soie qui pendait en écharpe au bras des dames de haut rang. Lancelot, dans le roman qui porte son nom, attache la manche de la reine sur son heaume en forme d’aigrette (Paulin Paris, Les Romans de la Table ronde, V, p. 334).

 

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Ils se dirigèrent le long dus rivières, vers leur embouchure, jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à un grand fleuve qu’ils voyaient couler vers la mur ; une grande ville était à l’embouchure du fleuve, et dans la ville une grande forteresse surmontée de grandes tours de couleurs variées. À l’embouchure était une flotte, la plus grande du monde, ut, au milieu, un navire plus grand que tous les autres. « Voilà bien, encore, » dirent-ils, « ce que notre seigneur a vu en songe. » Ils traversèrent la mer sur ce grand navire et arrivèrent dans l’île du Bretagne. Ils la traversèrent jusqu’à l’Eryri. « Voici bien encore, » dirent-ils, « la terre sillonnée d’eau qu’a vue notre seigneur en rêve. » Ils s’avancèrent jusqu’à ce qu’ils aperçurent Mon (Anglesey) en face et qu’ils eurent aussi sous les yeux Arvon. « Voici bien, » dirent-ils, « la terre qu’a vue en songe notre seigneur. » Aber Sein  leur apparut ainsi que le fort à l’embouchure du la rivière. La porte du fort était ouverte ; ils entrèrent, ut, à l’intérieur, ils virent une salle. « Voilà bien, » dirent-ils, « la salle qu’il a vue en songe. » Ils entrèrent : les deux jeunes gens jouaient aux échecs assis sur une couche d’or ; l’homme aux cheveux blancs était assis au pied du la colonne, dans une chaire d’or, en train du tailler les cavaliers du jeu d’échecs ; la jeune fille. était assise dans sa chaire d’or rouge.

 

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 Les envoyés tombèrent à genoux devant elle. « Impératrice de Rome, » dirent-ils,« saluts » ― « Seigneurs, » répondit la jeune fille, « vous avez l’aspect du gens du marque et dus insignes d’ambassadeurs : que signifie cette moquerie à mon adresse ? » ― « Il n’y a pas là, princesse, la moindre moquerie. L’empereur du Rome t’a vue en songe. Il n’a depuis, à cause du toi, ni vie, ni repos. Nous tu laissons donc le choix, princesse : ou tu viendras avec nous pour qu’on tu fasse impératrice à Rome, ou l’empereur viendra ici lui-même tu prendre pour femme. » ― « Gentilshommes, je nu veux pas mettre en doute ce que vous me dites, ni y ajouter trop du foi non plus. Seulement, si l’empereur m’aime, qu’il vienne me chercher ici. » Lus messagers s’en retournèrent en marchant nuit et jour. Lorsque les chevaux faiblissaient, ils en achetaient d’autres. En arrivant à Rome, ils allèrent saluer l’empereur en demandant leur récompense. Ils eurent ce qu’ils demandèrent. « Nous tu guiderons, seigneur, » dirent-ils, « par mer et par terre, jusqu’à l’endroit où se trouve la femme que tu aimes le plus. Nous savons son nom, ses attaches du famille et son extraction. » L’empereur partit immédiatement avec ses troupes, avec ces hommes pour guides. Ils se rendirent dans l’île de Bretagne à travers la mer et les flots. Il conquit l’île sur Beli, fils de Manogan, et sur ses fils, et les força à prendre la mer ; pour lui, il s’avança jusqu’en Arvon. L’empereur reconnut le pays en le voyant. En apercevant le fort d’Aber Sein : « Voilà, » dit-il, « le fort où j’ai vu la femme que j’aime le plus. » Il marcha droit au fort et à la salle . Il y vit Kynan , fils d’Eudav, et Adeon, fils d’Eudav, jouant aux échecs ; Eudav, fils de Karadawc, assis dans une chaire d’ivoire, en train de tailler les cavaliers du jeu d’échecs. La pucelle qu’il avait vue en songe était assise dans une chaire d’or. « Impératrice de Rome, » dit-il, « salut ! » L’empereur lui jeta les bras autour du cou, et, cette nuit-là même, il coucha avec elle.

 

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Le lendemain, la jeune fille lui demanda son présent conjugal (Agweddi en retour de sa virginité. Il lui demanda ce qu’elle désirait. Elle demanda l’île de Bretagne pour son père depuis la mer Rudd (la Manche) jusqu’à la mer d’Iwerddon, et les trois principales îles adjacentes pour les tenir sous l’empereur de Rome, et trois forteresses à bâtir, à son gré, dans l’endroit qu’elle choisirait. Elle choisit un emplacement pour sa première forteresse la plus élevée en Arvon . On y apporta de la terre de Rome pour qu’il fût plus sain pour l’empereur d’y dormir, de s’y asseoir et de s’y promener. Ensuite on lui bâtit deux autres forteresses, l’une à Kaer Llion, l’autre à Kaer Vyrddin. Un jour l’empereur s’en alla chasser à Kaervyrddin et s’avança jusqu’au sommet de Brevi Vawr.

 

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 Là, l’empereur fit tendre son pavillon, et l’endroit porte encore aujourd’hui le nom de Kadeir Vaxen (chaire de Maxen). Kaervyrddin est ainsi appelée parce qu’elle a été bâtie par une myriade d’hommes. Alors Elen eut l’idée de faire faire des grandes routes de chaque ville forte à l’autre à travers l’île de Bretagne. Les routes furent faites et on les appelle les chemins d’Elen Luyddawc (la conductrice d’armées) )., parce qu’elle était originaire de l’île de Bretagne et que les gens de l’île ne se seraient jamais assemblés en pareil nombre pour personne autre qu’elle.

L’empereur resta sept ans dans cette île-ci. Or les gens de Rome avaient, à cette époque, cette coutume, que, tout empereur qui passait en pays étranger plus de sept années en conquérant, restait dans le pays conquis, et ne pouvait retourner à Rome. Ils créèrent un nouvel empereur. Celui-ci écrivit une lettre de menaces à Maxen. Elle ne contenait que ces mots : « Si tu viens, oui, si tu viens jamais à Rome… » La lettre et les nouvelles furent portées à Maxen, à Kaer Llion. Il envoya alors, lui aussi, une lettre à celui qui se disait empereur de Rome. Il n’y avait non plus, dans cette lettre, que les mots : « Si je vais jamais à Rome, oui, si j’y vais… » Maxen se mit alors en marche avec ses troupes vers Rome. Il soumit la France, la Bourgogne, toutes les contrées sur son passage jusqu’à Rome, et vint assiéger la ville. Il l’assiégea pendant un an, sans être plus près de la prendre que le premier jour.

 

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Les frères d’Elen Luyddawc vinrent le rejoindre avec une armée peu nombreuse, mais composée de tels guerriers, qu’elle valait mieux qu’une armée, double de soldats romains. On avertit l’empereur lorsqu’on vit cette troupe s’arrêter à côté de son armée, et tendre ses pavillons. On n’avait jamais vu une armée plus belle, mieux équipée, ni pourvue d’étendards plus brillants, pour son nombre. Elen vint voir l’armée, et reconnut les étendards de ses frères. Alors, Kynan et Adeon, fils d’Eudaf, allèrent faire visite à l’empereur, qui leur fit bon accueil et les embrassa. Ils allèrent voir les Romains livrer assaut aux remparts, et Kynan dit à son frère : « Nous allons essayer de lutter contre Rome d’une façon plus habile que cela. » Ils mesurèrent pendant la nuit la hauteur des remparts, et envoyèrent leurs charpentiers dans les bois. Ils leur firent faire des échelles, une par quatre hommes. Elles furent prêtes. Chaque jour à midi, les deux empereurs prenaient leur repas, et le combat cessait des deux côtés, jusqu’à ce que chacun eût fini de manger. Or, les hommes de l’île de Bretagne prirent leur repas le matin, et burent jusqu’à être échauffés par la boisson. Au moment où les deux empereurs étaient allés manger, les Bretons s’avancèrent contre les remparts, y appliquèrent leurs échelles, et, en un instant, pénétrèrent, par-dessus, dans l’intérieur. Avant que le nouvel empereur eût eu le temps de s’armer, ils le surprirent et le tuèrent, ainsi que beaucoup d’autres. Ils passèrent trois jours et trois nuits à soumettre les hommes qui se trouvaient dans la forteresse, et à s’emparer du château. Une partie d’entre eux étaient occupés à défendre l’accès des remparts contre tout soldat de l’armée de Maxen jusqu’à ce qu’ils eussent fini de soumettre tout le monde à leur gré.

Maxen dit alors à Elen Lluyddawc : « Je suis fort étonné que ce ne soit pas pour moi que tes frères ont conquis cette ville. » ― « Seigneur empereur, » répondit-elle, « mes frères sont les hommes les plus sages du monde. Va-t’en toi-même réclamer la ville. Si ce sont eux qui l’ont en leur pouvoir, ils te la donneront volontiers. » L’empereur et Elen allèrent demander la ville. Les deux frères dirent alors à l’empereur qu’il ne devait la conquête de la ville et sa reddition qu’aux hommes de l’île de Bretagne. Aussitôt s’ouvrirent les portes de la ville de Rome. L’empereur alla s’asseoir sur son trône, et tous les Romains lui prêtèrent hommage.

L’empereur dit alors à Kynan et à Adeon : « Seigneurs, j’ai recouvré entièrement mon empire. Cette armée-ci, je vous la donne pour soumettre avec elle la partie du monde que vous voudrez. » Ils se mirent en marche, et soumirent des pays, des châteaux-forts et des cités fortifiées. Ils tuaient les hommes, mais laissaient vivre les femmes. Ils continuèrent jusqu’à ce que les jeunes gens qui étaient venus avec eux fussent des hommes à cheveux gris tant ils avaient passé de temps à ces conquêtes ! Kynan dit alors à Adeon son frère : « Que préfères-tu ? Rester dans ce pays, ou retourner dans ta patrie ? » Il préféra retourner dans sa patrie, et beaucoup d’autres avec lui. Kynan resta dans le pays avec les autres et s’y fixa. I1 décidèrent de couper la langue à toutes les femmes pour éviter de corrompre leur langage. C’est parce que les femmes cessèrent de parler, tandis que les hommes parlaient, qu’on appela les hommes de Llydaw, Bretons. C’est à la suite de cela que vint de l’île de Bretagne cette appellation fort usitée et qu’elle en vient encore

 

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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 15:11

(Source : http://www.cosmovisions.com/ConanMeriadec.htm)

 

Titres en vert  : Karrikell
 

 

Conan, le prince local, Maxime le Romain

Selon les anciennes chroniques, au IVe siècle, les diverses provinces armoricaines étaient gouvernées, sous la domination suzeraine de Rome, par des princes qui prenaient le titre de rois ou de ducs, et qui reconnaissaient encore la suprématie du roi de Trinovante (aujourd'hui Londres).

Un des derniers, nommé Cohel, d'abord duc de Kaereolum ou Gloucester, fut le père de sainte Hélène, la première impératrice que l'Église ait placée au rang des saints, la mère de Constantin.

A la mort de Cohel, Octavius son frère, duc de Windisilor (Windsor), s'empara du trône de Bretagne. Arrivé à une grande vieillesse et désirant pourvoir au soin de son gouvernement, il rassembla les grands de ses États, et leur demanda conseil sur le choix de son successeur.

Il n'avait qu'une fille; mais il lui restait un neveu, qui était Conan Mériadec (ou Mériadech).

Les avis furent partagés : les uns proposaient Conan, d'autres Maxime, dont l'union avec la fille d'Octavius devait être le gage d'une paix éternelle avec les Romains. On se sépara cependant sans rien décider, et Conan sortit rempli d'indignation.

Caradoc, qui avait proposé Maxime, l'envoya aussitôt inviter à se rendre dans la Grande-Bretagne; comme il l'avait prévu, l'ambitieux Romain arriva bientôt avec de nombreux amis.

Octavius, qui penchait pour Conan son neveu, surpris de l'arrivée du général romain, pensa à l'instant que les avares dominateurs du monde exigeaient de lui de nouveaux tributs. Il appela Conan, lui ordonna de réunir ses chevaliers pour marcher contre l'étranger, et bientôt la plus vaillante jeunesse suivit Conan et parut devant Maxime. 


Couronnement de Maxime, Conan rentre en guerre , et partage de l'Empire

Déjà effrayé de sa propre témérité, le Romain se dit, en les voyant, que ses hommes, si braves qu'ils fussent , étaient hors d'état de résister à cette armée dix fois plus forte que la sienne.

Le fils de Caradoc, qui connaissait les moeurs de ses compatriotes et les intrigues de son père, lui conseilla de faire sortir de son camp douze vieillards, tenant élevés des rameaux verts en signe de paix, et chargés d''annoncer que Maxime n'avait d'autre mission que de porter à Octavius des mandements impériaux.

Le nombre considérable de guerriers qui accompagnait Maxime fut expliqué par la juste crainte qu'il devait avoir des jaloux de sa gloire passée et des ennemis de la puissance de Rome qu'il représentait.

Ces raisons et ces excuses furent acceptées, non sans peine, surtout par Conan qui voulait la guerre; et l'on arriva à Trinovante, réconciliés en apparence. Maxime épousa la fille d'Octavius, et, soutenu par un parti formidable ,devint héritier de la couronne (an 381 de J.-C.). Conan se rendit en Albanie (= Ecosse), arma les Pictes et les Scots, et déclara la guerre à Maxime.

Après une lutte sanglante, les légions romaines ayant proclamé Maxime empereur, il eut une entrevue avec Conan et lui offrit une partie de l'empire que sa nouvelle position lui faisait un devoir de conquérir. Conan se donna sans réserve à l'usurpateur, qui n'exigea de lui que son amitié et le secours de son bras.

Conquête de l'Armorique en 383

Le vaillant, le hardi, le généreux Conan rassembla ses amis, ses alliés, ses serviteurs, tout ce que la jeunesse de l'île offrait de brillant, de brave et d'aventureux, et leur communiqua à tous quelque chose de sa grande âme; il leur promit la conquête du monde. Les légions romaines qu'il commandait, s'embarquèrent suivies de plus de douze mille  volontaires Bretons et abordèrent dans la péninsule armoricaine, en l'an 383 de l'ère chrétienne.

Le premier pas de Conan sur le sol de l'Armorique fut une victoire.

La ville d'Occismor était défendue par une forteresse où se trouvaient des troupes romaines; il l'assiégea, et elle se rendit.

A la nouvelle des succès croissants de Maxime, l'empereur Gratien s'émut et adressa à tous les gouverneurs du littoral des Gaules occidentales, ou provinces armoricaines, l'ordre de réunir leurs troupes pour s'opposer au débarquement de l'usurpateur.

Mais il était trop tard, et le préfet Jubaldus, après avoir perdu quinze mille hommes de son armée, vit le reste de ses soldats grossir les rangs des partisans de Maxime.

Conquête de Rennes

Quelques jours après cette horrible défaite, Rennes était assiégée par l'usurpateur, et Conan Sulpicius, qui commandait la garnison de cette ville, apprenant le désastre de Jubaldus et la défection des troupes romaines, se rendit sans résister.

 

Nantes capitale

Maxime, après avoir confié Rennes à son lieutenant, marcha sur Nantes, qu'il réduisit promptement. On l'accueillait partout comme un libérateur; car il accordait sans peine aux peuples, écrasés d'impôts par les mandataires de Rome, la punition des exacteurs. Il favorisait le culte des chrétiens, qui commençaient à être nombreux, et achevait la ruine du polythéisme. Nantes devint sa résidence.


Tout le servait à souhait; mais il sentait que la continuation de ses succès dépendait de l'aide de Conan et de ses braves : que serait-il devenu si, désireux de revoir leur pays, ils l'avaient abandonné dans l'Armorique si récemment soumise?

 

Conan couronné roi par Maxime

Maxime, qui avait déjà songé à les attacher au sol même qu'ils avaient conquis, se hâta de couronner roi Conan, leur chef le plus aimé. La portion de l'Armorique dont la souveraineté fut conférée à Conan par Maxime, comprenait, en outre du pays encore aujourd'hui spécialement appelé la Bretagne, une partie de l'Anjou, du Poitou, de la Touraine et du Berry.

 

"tro Breiz avant l'heure" : Château à Occismor (Léon)

Conan, aussi sage administrateur qu'intrépide guerrier, nous-dit-on, pensa qu'un de ses premiers devoirs était de visiter en détail tout son royaume, afin de s'assurer des besoins de ses peuples. Dans le pays de Léon, il fit ceindre de murailles les principaux havres de la côte, trop souvent visités par les pirates. Près d'Occismor et de la mer, il fonda un château auquel il donna son nom et dont il fit une de ses résidences. Quimper, Vannes et plusieurs autres villes attirèrent son attention, et il pourvut à leur défense ou à leurs intérêts avec sagesse et bonté.

Nantes Capitale de Conan et adoption de lois

Maxime venait de quitter Nantes pour aller porter la guerre sur les bords du Rhin; cette ville, qui pendant quelque temps avait été sa résidence, devint désormais celle de Conan. Dans ses voyages, il avait entendu les plaintes de ses sujets, et avait remédié, aussitôt qu'il l'avait pu, aux abus qu'on lui dénonçait. Après un examen de deux ans, il pensa qu'il était assez bien informé pour fixer par des lois et des ordonnances le sort de ses peuples. Il se mit à l'oeuvre, et, tout en rédigeant un code nouveau, il sut respecter les vieilles coutumes et les anciennes libertés de l'Armorique dans ce qu'elles offraient de bon et d'utile. Après quelque résistance, les règlements de Conan furent adoptés, et le peuple les suivit fidèlement pendant plusieurs siècles.

 

Remariage de Conan et massacre des 11 000 vierges

Conan, veuf depuis quelques années, songea à se remarier; il jeta les yeux sur la fille de Dionote, roi de Trinovante, et lui écrivit en ces termes, si nous en croyons un vieux texte :

« Conan d'Armorique à Dionote, conservateur des Bretons : Je te mande salut, et t'expose que la terre de la petite Bretagne, où je règne, possède air serein, champs fruitiers, belles forêts, eaux et poissons, chasse plantureuse et terre convenable à labour. N'y a défaut maintenant , fors de sexe féminin pour les nobles. Pourquoi je te prie que tu me veuilles donner en alliance de sacré mariage ta fille Ursule, qui surpasse en beauté les autres jeunes filles de Bretagne, à laquelle je désire être époux, et que tu pourvoyes d'autres femmes brètes mes autres chers compagnons, et convenables à leur lignage; car ils refusent prendre des Gauloises, de maison peu insigne, et ignorantes de notre langage. »

Dionote accorda sa fille à Conan, et fit réunir un grand nombre de jeunes filles de haute naissance, qu'il donna pour compagnes à Ursule. Cette princesse, parée de vêtements de soie, de joyaux d'or, de fermaux, de gemmes et de saphirs, comme il convenait à son rang, s'embarqua avec sa suite sur les navires de Conan. Ce fut un jour de tristesse pour la Grande-Bretagne, et l'événement qui le suivit en fit un jour de deuil éternel. Une tempête affreuse se déclara à la sortie du port de Trinovante, et bientôt on dut renoncer à toute espérance de salut. Plusieurs vaisseaux se brisèrent sur les rochers, d'autres sombrèrent; celui que montaient la princesse et ses nobles compagnes fut jeté, après quelques jours, sur les rives de la Hollande, vers l'embouchure du Rhin, où une horde de Pictes et de Huns les massacrèrent sans pitié. L'Église a mis au rang des saintes Ursule et ses amies, sous le vocable des Onze mille vierges.

Quelques mois après ce funeste événement, Conan offrit ses voeux à Daréréa, soeur de saint Patrice, l'apôtre de l'Irlande' : la mère de Daréréa était née dans les Gaules, et se trouvait proche parente de saint Martin, évêque de Tours, que Maxime avait appelé à son conseil. Les compagnons de Conan s'allièrent presque tous à des familles armoricaines.

 

Massacre de Maxime par ses soldats

Vers cette époque Maxime, qui avait passé en Italie pour conquérir 'Empire d'Occident, fut, à la suite d'une sanglante défaite, livré à Théodose par ses propres soldats et massacré impitoyablement. Conan, qui reconnut toute l'étendue de la perte qu'il venait de faire, obtint, par des soumissions peu importantes, le retour des troupes bretonnes qui avaient suivi son ami : elles revinrent en Armorique, et le roi de Bretagne, redoublant d'activité, renforça les garnisons qui protégeaient les limites de ses États. 

Etats généraux de Bretagne à Rennes et Anéantissement du druidisme
Depuis longtemps Conan mûrissait dans son esprit une pensée dont l'exécution offrait de grandes difficultés, mais sur les conséquences de laquelle il fondait à juste titre l'affermissement du christianisme et de sa propre puissance il voulait anéantir sans retour et le polythéisme romain et le druidisme.
A cet effet il réunit dans la ville de Rennes les états généraux de la Bretagne, selon les formes que les Armoricains avaient jadis affectionnées. Comme autrefois, il fut permis aux communautés des villes de se réunir et d'élire des députés. Mais trois cents ans s'étaient écoulés depuis les dernières assemblées, et la tradition des règles en usage dans les élections s'était même perdue. On eut recours aux druides, qui répondirent que tous les suffrages étaient égaux et libres; que le vote du dernier citoyen valait celui du roi lui-même, et que trois classes étaient appelées à former les états généraux, à savoir le peuple, les guerriers ou les nobles, et les prêtres. Conan déclara qu'on suivrait de point en point leur conseil, et, l'adoptant à la lettre, il ordonna que les prêtres chrétiens seraient éligibles, et que les évêques paraîtraient de droit dans l'assemblée comme le grand chef des druides. Le même privilège fut accordé aux prêtresses de l'île de Sène sur leur réclamation.

Tous les prêtres chrétiens qui se trouvaient alors dans la Bretagne furent choisis pour représenter les opinions religieuses : les druides, exclus par le vote, se virent réduits à quelques chefs de communauté.


Les états généraux s'ouvrirent, présidés par Conan. Il était revêtu de ses armes, portait l'épée au côté et tenait dans sa main une longue baguette blanche, ornée à son extrémité supérieure d'une fleur d'argent pareille à celle du lotus. Il s'assit, et ses plus vaillants capitaines se rangèrent autour de lui. Les évêques et leur clergé entrèrent ensuite, et furent suivis des druides avec leur chef; les vierges de l'île de Sène fermaient la marche; elles étaient au nombre de neuf.

La discussion fut vive et imposante : les bases des lois fondamentales du royaume et de l'administration générale y furent posées. La tradition n'a conservé qu'un faible souvenir de la plupart des points qu'on y traita.

Les druides furent ensuite écoutés, mais avec froideur; le règne de leur doctrine était passé, et ils comprirent que le christianisme les avait vaincus. Ils allaient se retirer prudemment et sans bruit, lorsque la grande prêtresse se répandit en invectives contre Conan, et proféra des paroles tellement séditieuses, que l'indignation gagna le coeur de toute l'assemblée. 

« Sortez, dit Conan aux druides et aux vierges de Sène; la patrie vous rejette : je vous retire ma protection. J'ai trop longtemps balancé entre les intérêts humains et ceux du Dieu que je sers. »

L'assemblée des états continua ses travaux, qui n'éprouvèrent désormais aucune interruption. Des décrets ordonnèrent la fermeture des colléges des druides, comme celle des temples païens, et il leur fut expressément défendu de se mêler davantage de l'éducation de la jeunesse, qui fut désormais confiée aux ministres de la religion chrétienne. La plupart des chefs qui avaient suivi Conan se convertirent à la religion chrétienne. Les Armoricains n'eurent pas besoin de cet exemple; le nombre des chrétiens surpassait déjà, dans les villes, celui des idôlatres et des païens à l'époque de l'invasion de Maxime. Les druides ne furent pas les derniers à reconnaître la vanité de le leurs doctrines, et Conan les accueillit avec bonté et avec honneur. Plusieurs se consacrèrent au service des autels, et achetèrent dans la retraite des jours sanctifiés par la prière.

Seules les prêtresses de l'île de Sène, avec quelques druides, protestaient, l'injure à la bouche, contre les prétendumment pacifiques conquêtes du christianisme, et prêchaient l'insurrection contre toute autorité. L'opinion publique poussa Conan à en faire justice, et leur destruction devenue nécessaire rendit la paix au pays, qu'elles avaient si longtemps tenu asservi dans le mensonge et les pratiques cruelles d'un culte sanglant.

 

Mort de Conan, inhumé à Saint Pol de Léon et devise "J''aime mieux mourir que de me souiller"

Conan mourut peu de temps après avoir mis la dernière main à toutes les grandes réformes qui ont honoré son règne : il fut regretté de tous. On l'inhuma à Saint-Pol de Léon. Tous les souverains et les ducs de Bretagne se sont fait honneur de descendre de Conan Mériadec, ou Cyning-Murdoch. La généalogie d'Anne de Bretagne, deux fois reine de France, par ses mariages avec Charles VIII et avec Louis XII, prétendait déscendre de cette tige héroïque.

On a longtemps cru Conan le premier auteur de la  devise : 

« J'aime mieux mourir que de me souiller ». 

On rapportait que, débarquant sur les côtes de l'Armorique, il aperçut des hermines qui se réfugièrent sous son bouclier. Frappé par ce présage, qu'il jugea favorable, le conquérant aurait fait peindre un de ces petits animaux sur ce bouclier même, et aurait pris pour devise ces mots : Malo mori quam foedari.

A cela, comme l'a fort judicieusement dit un historien moderne, on ne voit qu'une difficulté : c'est que du temps de Conan on ne prenait pas de devise et qu'on n'avait pas d'armoiries. Leur usage ne date que des premières croisades. La Bretagne a pourtant gardé la devise dite de Conan, comme elle a longtemps cru à tout le reste de sa légende. (Ch. Barthélémy)

 

 

 

 

 

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