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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 13:13

Saints bretons du Pays de Retz

 

Saint Brevin

stbrevin

Statue de Saint Brevin dans l’église paroissiale

Photo reflexioncatho.canalblog.com

 

Saint-Brevin, officiellement St Brevin-les-Pins, est la commune littorale la plus au nord du Pays de Retz et fait face à Saint-Nazaire dans l’estuaire de la Loire.

Jusqu’en 1789, Mindin (Partie Nord de Saint Brevin) était une paroisse de Saint-Nazaire.

 

stbrevin_geo-copie-1.jpg

 

 

Le Saint Brévin historique : Archevêque de Cantorbéry 

 

La légende dit que Saint Brevin accosta sur la plage de l’actuel St brevin les pins .

Mais qui était Saint Brevin ?

Saint Brevin fut archevêque de Cantorbéry avant d'être canonisé après sa mort en 764.

L' Archevêque de Cantorbéry (Archbishop of Canterbury) est, après le Gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre (c'est-à-dire le monarque), le chef de l'Église d'Angleterre et de la Communion anglicane. Il est le successeur de saint Augustin de Cantorbéry, le premier archevêque de 597 à 605

Il semble peu probable qu’un tel personnage accosta et s’établit dans l’actuel Saint-Brévin, il y a donc deux hypothèses

 

Une hypothèse romantique : Bretowennus, disciple de Paul Aurélien

La piste bien fragile de Bretowennus part du toponyme Paimboeuf, Pen-Bo en moyen breton, Pen ochen en vieux breton.

Or dans la vie de Saint Paul Aurélien il est dit qu’il est né à Pen-Ochen dans le Glamorgan et qu’un de ses disciples se nommait Bretowennus.

 

Réévangélisation par des moines de Cantorbéry au 9eme siècle

Un prieuré avait été édifié au sud de l'estuaire après la christianisation due à saint Martin de Vertou au 5e siècle. Après le passage des Vikings l'Église a procédé à une « réévangélisation » menée par des moines de Cantorbéry au 9e siècle. Un prieuré dédié à Bregwyn est bâti. La graphie évolue en Brewing, Breguwine, Breguvin, Brevein, Brevain, Breven puis Brevin

(Bregowine en anglais)

 

 

Saint Brevin en Bretagne

St Brevin est fêté le 25 août au calendrier des saints bretons et est honoré à St Brevin-les-Pins et à Berné (Morbihan).

 

L'église paroissiale de Saint Brévin les Pins

reflexioncatho.canalblog.com

Photo reflexioncatho.canalblog.com

 

De style Roman, elle fut largement rénovée au 17ème siècle, et restaurée au début du 20ème siècle. On peut y admirer le remarquable retable de 1661, la statue de Saint-Brevin et celle de St-Roch.  

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 13:25

Saints bretons du Pays de Retz

Principale source : Wikipedia

 

Saint Guénolé

Saint chrétien fêté le 3 mars.

Evariste-Vital Luminais - Fuite de Gradlon

La Fuite du roi Gradlon, du peintre nantais Luminais - 1884

Photo Wikipedia


Légende de la ville d’Ys : on peut y voir Saint Guénolé donnant l’ordre au roi Gradlon de lâcher sa fille Dahut

 

 


Le Saint Guénolé historique


En breton, son nom s'orthographie Gwenole, en vieux-breton « Uuinuual » formé des termes uuin et uual, signifiant respectivement pur et valeureux.

Saint Guénolé est né en Armorique vers 460 soit à Ploufragan ou Plouguin. Ses parents Fragan et Sainte Gwenn venaient de Bretagne (Grande), probablement du Pays de Galles.

Guénolé avait une soeur Sainte Klervi, et deux frères Saint Jacut et Saint Guéthénoc.

Aux alentours de ses 10 ans, pour être formé, il est placé dans  l’ermitage de saint Budoc sur l'île Lavret, dans l'archipel de Bréhat.

Vers l’âge de ses 25 ans (485), il manifeste le désir de se rendre en Irlande pour vénérer les restes de saint Patrick qui vient de mourir, mais l'apôtre lui apparaît en songe pour lui indiquer qu'il est préférable de rester en Armorique pour y fonder une abbaye.

Avec onze autres disciples de saint Budoc, il s'établit dans une autre île appelée Tibidy qu'on a tenté d'interpréter comme l'île de la maison de prières, à l'Hôpital-Camfrout, dans la rivière du Faou.

Au bout de trois ans, à 30 ans (490), Guénolé, nouveau Moïse, ouvre miraculeusement un passage dans la mer pour aller fonder une nouvelle abbaye sur la rive opposée de l'estuaire à Landévennec, qui devient un des centres religieux les plus prestigieux de Bretagne, centre de savoir de l’époque.

Il y meurt en 532 à environ 72ans.

 

Au Xe siècle les moines de Landévennec fuient les invasions normandes avec les saintes reliques de Guénolé. Désirant passer en Angleterre, ils s'arrêtent à Montreuil, où le comte Helgaud les convainc de rester. Le monastère prendra le nom d'abbaye Saint-Walloy (le Guénolé des Montreuillois) et les reliques de saint Guénolé (saint Walloy) resteront à Montreuil-sur-Mer jusqu'en 1793, date à laquelle, elles sont brûlées lors d'un autodafé révolutionnaire.  

Saint Guénolé au Pays de Retz

Chapelle-du-prigny-Pieds-St-Guenole
 

Les pieds de la statue de Saint Guénolé dans la chapelle du Prigny

percés d'aiguilles par des femmes qui souhaitent trouver l'âme sœur.

 

Photo Wikipedia


 

 

 

Au Pays de Retz, Il est honoré à Prigny, dans la commune des Moutiers-en-Retz, où la chapelle contient une statue du saint.

 


 

prigny

Chapelle de Prigny.   

 

 

 

Photo Wikipedia

 

La chapelle est perchée sur un oppidum qui permettait de surveiller la baie, aujourd'hui devenue le marais breton.

Saint Guénolé est honoré comme patron dans les paroisses où étaient situées des dépendances de l'abbaye de Landévennec : Concarneau, l'Île-de-Sein, Landrévarzec, Batz-sur-Mer, Locunolé, Locquénolé, Saint-Guénolé (en Penmarc'h).

Prigny ne déroge pas à la règle des liens avec Landévennec, en voici l’histoire :

Lors de la fuite des moines de Landévennec, pour échapper aux invasions normandes,  les reliques de Guénolé seront emportées par les moines vers le nord jusqu'à Montreuil.

Les moines de cette époque sont dirigés par l'abbé Jean de Landévennec qui aidera à préparer  le débarquement d'Alain Barbe Torte, (Alan Barvec) réfugié en Angleterre.

Quand Alain Barbe Torte revient en Bretagne, il chasse les Normands de Bretagne en commençant par Nantes et le Pays de Retz en 936.

Pour récompenser les moines de Landévennec, il leur donne Batz et Prigny . A partir de ce moment, Guénolé va devenir le saint patron de la côte du pays nantais et plus précisément des paludiers et sauniers de Batz et de Bourgneuf.


Guénolé, le saint « marieur » à Prigny


Dans la région, lorsqu'une jeune fille voulait se marier dans l’année, elle piquait avec une aiguille le pied gauche de la statue de Saint-Guénolé.

Cette tradition rejoint en quelque sorte la tradition de Plougastel Daoulas (près de Brest) avec le Guénolé phallique.

 

La première mention littéraire de ce rite de Plougastel Daoulas est Cambry dans son «Voyage dans le Finistère »,

en 1794 : «C’est au fond de cette rivière (la Penfeld) qu’existait le fameux Saint-Guignolet (sic), et cette cheville

éternelle, si favorable à la fécondité.Le bois de cette cheville râpée était avalé par les femmes infécondes ;

elles concevaient au bout de quelque temps. Les méchants prétendaient que les moines voisins aidaient beaucoup à ce miracle ».

 

La forme Saint Guignolet est elle typique de Prigny ?


Avant d’être «re bretonnisé » en Guénolé, le saint était connu à Prigny comme Guignolet.

Cette forme de Guignolet est en fait connue partout où le saint est honoré, à Plougastel Daoulas (chapelle de Guignolé ou Guingalais), à Batz-sur-Mer , à Pierric, à Plourac’h.

 

Saint Guénolé Saint Patron

  • Des paludiers et des sauniers de la presqu'île guérandaise et de Bourgneuf
  • Des oculistes (voir la légende au sujet de sa soeur Klervi)

"Guénolé accomplit un miracle sur la personne de sa petite sœur lorsqu'elle était très jeune. Il arriva en effet un jour qu'une oie s'empare des yeux de Clervie et les mange tous les deux. La fillette rentre chez elle en criant de douleur. Guénolé arrive à la maison familiale et trouve ses parents et sa sœur dans la détresse, il décide d'aller récupérer les yeux de Clervie. Il se rend à l'endroit où sont gardées les oies, repère un jars au centre du troupeau. Il l'éventre et reprend les yeux de sa sœur pour les lui rendre. Il la signa de la croix et celle-ci recouvra la vue. C'est ainsi que Guénolé est devenu Saint Guénolé et le patron des oculistes"

  • Des femmes de marin pêcheurs (du à une autre  légende)

"Lorsque Fragan emmena ses trois fils en bateau sur l'île Lavret pour les confier à saint Budoc, les voyageurs furent pris par une brutale tempête, Saint Guénolé la calma par un signe de la croix. Depuis, le saint est invoqué pour la quiétude des marins et fait de Saint Guénolé le patron des femmes de marin-pêcheur"

  • Saint invoqué pour le mariage (Pays de Retz ) et la fertilité (Plougastel Daoulas)
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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 12:57

Saints bretons du Pays de Retz

 

Saint Gildas

Saint chrétien fêté le 29 janvier.


 gildas

photo : /www.earlybritishkingdoms.com/

 

Le Saint Gildas historique

 

Gildas dit Sapiens « le sage » ou  de Rhuys est né à Dumbarton (Alt Clut en britonnique, "Clyde Rock") dans le Strathclyde (estuaire de la Clyde) (actuelle Ecosse) aux alentours de  490 et décédé en 569 ou 570, (Gweltaz ou Guedas en breton), est l’un des saints Bretons  les plus prestigieux.

 

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 Dumbarton

« le rocher de la Clyde »

 

 

 

Photo Wikipedia

 

 

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 ancien royaume du Strathclyde

 

 

 

 

 

 

carte Wikipedia

 

Gildas fut le mentor de Vennacius de Findbarr, qui devint lui-même celui de saint Colomba d'Iona. Saint Gildas aurait également été le père du poète d’Aneirin.

(On peut y lire un extrait dans l’article Histoire de la langue bretonne)

 

Gildas aurait été l’un des fils de Caw, roi de Strathclyde ; il aurait été éduqué par Ildut de Llantwit à Llantwit Major, près de Cardiff ; il serait devenu fondeur de cloches de profession (il en aurait envoyé une à Saint Bride vers 519) ;

 

De excidio Britanniae, de la ruine de la Bretagne

 

Gildas est plus qu’un saint breton car il est célèbre pour ses écrits « De excidio Britanniae » (De la ruine de la Bretagne )

Le De Excidio Britanniae est un sermon en trois parties écrit par saint Gildas dans laquelle il condamne les actions des rois contemporains, aussi bien laïcs que religieux.

 

Dans son De excidio Britanniae, Gildas mentionne le fait que l'année de sa naissance fut la même que celle de la bataille du Mont Badonicus (où participa le roi Arthur), c'est-à-dire aux environs de 490 (à une décennie près, car la date de la bataille n'est pas connue avec précision).

Dans les années qui suivirent le De Excidio, le travail de Gildas fut un modèle pour les écrivains anglo-saxons, que ce soit en latin ou d'autres langues. Par exemple, l'Historia ecclesiastica de Bède le Vénérable se repose énormément sur Gildas pour sa version des invasions anglo-saxonnes.

 

Une citation célébre  de cette oeuvre est  * "Brittania reges habet, sed tyrannos."

« La Bretagne a des rois mais ce sont des tyrans. »

 

Léon Fleuriot déclara "Gildas mérite d'être considéré comme le plus important des pères de la littérature latine de notre Bretagne"

 

Saint Gildas en Petite Bretagne

 

en 520, après un pèlerinage à Rome (usage suivi par beaucoup de saints bretons) il passa sept années à l’abbaye de Rhuys en Bretagne. Il fut un an à la tête de l’abbaye de Llancarfan au Pays de Galles, en l’absence de son abbé, saint Cadoc. Après 528 il s’établit à Street, dans le Somerset (près de Glastonbury) et construisit une lan (forme bretonne) ou llan (forme galloise), ermitage comprenant église et enclos, dont le tracé serait encore visible à Holy Trinity.

 

Plus tard, (vers 544) il revint en Bretagne, à Rhuys, où il demeura jusqu’à sa mort, à l’exception d’un voyage en Irlande qui aurait eu lieu vers 565

 

castennec2.jpg

La Chapelle de Castennec

 

à Bieuzy-les-Eaux (56)

 

 

 

 

 

 

 

Photo : www.cartesfrance.fr

 

abbatiale-st-gildas-de-rhuys-morbihan-copie-1.jpg

 L'abbatiale à Saint-Gildas de Rhuys

 

 

Photo : siratus-alabaster.over-blog.com



Saint Gildas et sa règle monacale

 

Ordonné prêtre, il mit sa plume au service de l’idéal monastique. D’après des fragments de ses lettres il aurait écrit une « règle » monacale moins austère que celle qu’écrivit son contemporain gallois saint David, et il y propose des pénitences moins dures en cas d'infraction à la règle. On impute à Gildas la composition d'un cantique appelé la Lorica, ou encore le Plastron. Il s'agit d'une prière pour être délivré du mal, qui contient d'intéressants spécimens de latin hispérique (variante du latin crée par des moines irlandais au VIe siècle, utilisé jusqu'au XIIe siècle).

 

Saint-Gildas ou Guédas en Pays de Retz

 

La forme bretonne locale en Pays de Retz est Guédas qui fut refrancisé en Gildas.

Cette forme Guédas est également attestée en Morbihan.et plus précisément entre Vannetais et Nantais au passage de la Vilaine, par le « passage de Guédas ».

(correspond approximativement à l’ancien pont de la Roche Bernard)

Une famille noble porte encore ce nom « De Saint Guédas »

Le nom Guédas est encore porté en Morbihanet la forme Guedes est un nom originaire du Finistère.

 

La légende nous rapporte que St. Gildas débarqua sur la pointe de Chevesché au 6e siècle laissant l'empreinte de son pied dans le rocher. Ce vestige sera, au milieu du 19e siècle, incorporé dans les fondations de la nouvelle chapelle de St. Gildas construite à la charge des habitants de Préfailles.

 


 

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 La pointe Saint-Gildas au temps des moutons et de la vieille ferme

 

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 La « nouvelle » chapelle

Saint-Gildas à Préfailles

 

 


 

 

 

la-pointe-st-gildas-872.jpg

La pointe Saint-Gildas

ou « comment contourner la loi littoral »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo :www.ot-pornic.fr

 

 


 

P1180422

 

un aperçu plus sauvage de la pointe Saint-Gildas

  

 

 

 

 

Photo :  paysagesdefrance.blog.fr/

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 20:41

Saints bretons du Pays de Retz

 

enluminure.JPG

Photo : Colloque organisé par les universités Heidelberg et Bonn

 

Préambule:

 

Il faut bien prendre en compte qu’au 5eme siècle, la Bretagne désigne encore la Grande-Bretagne et que les Bretons sont indistinctement de Grande-Bretagne ou de Bretagne armoricaine.


Les Saints historiques Bretons sont dans leur grande majorité « Grands Bretons » originaires pour beaucoup du « Royaume du Nord »  l’actuelle Ecosse (qui était de langue bretonne), ou de Galles.

Au 5 eme siècle, les Bretons sont le peuple originaire de Grande-Bretagne. Avec la migration massive bretonne en Armorique de l’ouest, ils transformèrent en quelque sorte l’Armorique gallo-romaine en « Petite Bretagne ».

Au cours des 4eme, 5 eme , 6 eme siècle il y a un empire culturel breton couvrant la Grande-Bretagne et l’actuelle Bretagne.Il est malaisé à cette époque de distinguer entre Bretons insulaires et armoricains .

 

Les cultes des saints en Bretagne attestent soit d’une présence effective de ceux-ci en tel ou tel lieu ou sont apportés plus tard  par des ordres monastiques qui s’établissent en d’autres lieux.

 

En Pays de Retz, on trouve les deux situations, des saints bretons ou irlandais venus sur place et des ordres monastiques principalement venus du Vannetais qui amènent avec eux leur culte.

 

Voici des cultes et saints bretons en Pays de Retz :

 

 

Sainte Anne

Armel

Brévin

Colomban

Gildas

Goustan

Guénolé

Hervé

Judicaël

Paul Aurélien

Philbert

Vital

 

 

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 21:00

 

Karrikell.over-blog.com, le 8 septembre 2010 

Mis à jour par l'auteur le 23 septembre 2010 : mentions mises en bleu : ajout de l'auteur

j'ai gardé les toponymes déclassés comme non bretons par l'auteur - par esprit didactique-je les ai mis en vert et annoté avec la raison du déclassement

 

Avant-Propos : Je me suis permis de reclasser les toponymes des noms de village, quartiers et parcelles par odre alphabétique et de rajouter trois toponymes.

Port-Min et Port-aux-Goths à Pornic, Treguerinau à Bouin, ces ajouts ne sont pas fiables car non validés par l'auteur.

Ces ajouts seront en rouge dans le texte

Après commentaire de l'auteur, ces toponymes ne sont pas Bretons, je les garde avec explication de l'auteur . indiques en rouge.

 

 

L’EMPREINTE DE LA LANGUE BRETONNE EN PAYS DE RETZ
Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 



 

 pays-retz grd 



 

L’étude attentive des noms de lieux du Pays de Retz fait apparaître un certain nombre de toponymes et microtoponymes bretons, témoins de la pratique de la langue bretonne dans cette région au moyen-âge. Nous avons examiné l’ensemble des données disponilbes pour les communes du Pays de Retz afin d’en extraire les toponymes d’apparence bretonne.

 

Les toponymes portant le sigle ° proviennent du fichier de l’INSEE (noms de parcelles) pour la Loire-Atlantique.

Rappelons qu’en l’absence de formes anciennes et de confirmation des prononciations, l’interprétation d’un toponyme reste très incertaine. Nous présentons donc à suivre une liste qui mériterait un examen critique approfondi.

 

Noms de communes :

 

Corsept

 (Corsuito XIIè) : peut-être dérivé du vieux-breton cors, " marais " ; la forme ancienne évoque un éventuel korzid, " roselière ", le vieux-breton cors ayant évolué vers ce sens. L’avantage de cette hypothèse est de correspondre à la réalité du terrain, riche en marais et roseraies, et aussi d’éclairer un nom de lieu considéré comme obscur. On notera cependant que la toponymie française connaît plusieurs occurrences similaires : Corset en Naintré (86), en Retournac (43), etc. Un mot gaulois similaire ne peut donc être écarté. L’hypothèse du latin Corpus Septimus, " septième corps (d’armée) " semble fantaisiste.

 

 

Paimboeuf

(Penbo et Pencebos XIIè, Penboef 1216) : la forme la plus ancienne suggère le vieux breton pen bu, " la pointe du bovin " ou encore pen buch, " la pointe de la vache ". Le nom actuel résulterait de la traduction en français de l’élément bu, déjà effectuée au XIIIème siècle d’après les formes anciennes.

Pornic (Castrum Porsniti XIè, Pornit 1130, Pornidio 1330) : porzh nizh, " le port abrité ". Le c final est purement graphique et très breton dans l’esprit. Il n’est traditionnellement pas prononcé : on dit " Porni ".

 

chateau_pornic.jpg

 Château de Pornic

 

 

 

 

Photo : www.camping-eleovic.com

 

 

 

 


 

 

Noms de villages, quartiers et parcelles :

 

Les Allegants° ou Allequants°, Saint-Père-en-Retz : de halegenn, " le saule ", ou nom d’homme Halgand de même étymologie.

 

Le Béa

, Saint-Brévin-Les-Pins. Situé dans une zone riche en tumuli, près du village de La Guerche, paraît formé à partir de bez, " tombeau". Semble identique aux Béac de Saint-Nazaire et Sainte-Anne-sur-Vilaine (35), et Porz Beac’h en Logonna-Daoulas (29). On ne trouve aucun toponyme similaire hors de Bretagne.

 

noté Le Besac en 1600, il s'agit d'un nom d'origine gallo-romaine en -ac.

 

La conservation de la finale sous cette forme -a(c), au lieu d'une évolution purement romane -é ou -ay, prouve une influence ancienne incontestable de la langue bretonne (cf. Bernard Tanguy).

 

Un autre nom en -ac figure à Bourgneuf-en-Retz, dénotant l'extension vers le sud de cette influence : Millac.

 

Plus à l'est, Le Bois Tillac au Pellerin est aussi à prendre en compte. A noter que le Moulin de Quillac en La Plaine-sur-Mer doit être exclu de cette liste : il tire son nom de la seigneurie de Théhillac (56).


La cadastre révèle d'autres toponymes en -ac probables en Pays de Retz, et pas uniquement sur la façade maritime : Le Rebrac (Le Clion-sur-Mer), Bergerac et Le Brossac (La Chevrolière), La Ville Bessac (Frossay, anthroponyme ?), Les Rigassac (Pornic et Le Clion), Le Pré Guignac (Saint-Etienne-de-Mer-Morte, anthroponyme ?), Kerlac et Le Landrac (Saint-Philbert-de-Grandlieu), La Bauche au Legeac (Les Sorinières), La Pièce à Bresac (Géneston). Puis, dans une orthographe conforme à la prononciation traditionnelle de la finale -ac : Pré Loya (Arthon-en-Retz), Le Bresa (Cheix-en-Retz), Le Talva (Fresnay-en-Retz), Le Moura (Frossay), Pièce de Senat (Frossay, cf. les nombreux Sénac), Le Breillat (La Marne), etc.
Ces toponymes très intéressants mériteraient une étude à part entière.

 

Béduni (pointe), La Plaine-sur-mer : pourrait venir de beg dunig, " la pointe du petit fort ". Les noms bretons évoquant des fortifications parfois très anciennes semblent jalonner les côtes du Pays Nantais : Le Castily à Pénestin, Le Castelli à Piriac, Penchâteau au Pouliguen, Mindin à Saint-Brévin. Toutefois on peut aussi envisager une déformation du français " baie du nid ".

DECLASSEMENT : DOUTEUX

 

Bodon, Saint-Brévin-les-Pins : bod onn, " le buisson de frênes " (comparer avec Bodon en Cléder, 29, et Bod-Onn en Plougastel-Daoulas, 29, cf. Deshayes p. 109). On peut aussi penser au nom d’homme Baudon (du germanique bald), porté en Vendée.

 

Le Bois-aux-Nains (Bois Onnins, sans date), Bourgneuf-en-Retz : de onnenn, "frêne". Toponyme hybride franco-breton. Il ya fort à penser que le mot bois a remplacé koed à une époque reculée.

 

Le Botrene°, Saint-Père-en-Retz : bod drein, " le buisson d’épines ".

 
Le Brahan°, La Plaine-sur-Mer : probable diminutif en –an de bré, " colline ".

DECLASSEMENT : DOUTEUX

 

Le Brain°, Fresnay-en-Retz : bren, colline, ou mot gaulois identique.

DECLASSEMENT : MOT ROMAN signifiant le jonc

 

La Branvelle°, Corsept : composé en bren, " colline ". Semble identique au toponyme Branbel en Piriac-sur-Mer, nom de rochers. Le second élément est peut-être bil, " hauteur ", nom qui subit une mutation consonnantique en composition.

 

Les Bremefins°, Vue : semble être un composé en bré, " colline " + nom d’homme Mewen, (saint) Méen. Fait irrésistiblement penser à la forme Bremefen donnée en 1081 dans le Cartulaire de Redon, mais désignant une île située à Machcoul (cf. infra).

 

Le Coelin° , Saint-Brévin-les-Pins : koed lenn, " le bois de l’étang ".


Coëtargand (Chortaguen 1045, Cortargon XIIè), Saint-Père-en-Retz : koed argant, " le bois d’argent ".

coetargand

 Coëtargand en Saint-Père-en-Retz

 

Photo Google maps


   

Coëtritan, nom aujourd'hui disparu, habitation signalée à La Plaine-sur-Mer en 1405 (même source). Koed + nom d'homme Ridan ?

 

Coharnelle° , Bourgneuf-en-Retz : composé de koed et du nom d'homme Harnel du vieux-breton *Hoiarnhael, soit " le bois d’Harnel " ?

 

Le Coquer°, La Planche : possible kozh ker, " la vieille ville ", mais plus probablement nom d’homme de même étymologie ou dérivé de coq.

 

Le Corsi°, Corcoué-sur-Logne : apparement diminutif en –ig de korz, " roseau ", ou encore korzid, " roseraie ", ou mot gaulois au sens de " marais " (cf. Corsept).

DECLASSEMENT : PRESENT DANS D'AUTRES REGIONS

 

Le Creaz°, Le Clion-sur-Mer et Pornic : de kreac’h, " colline ".

 

Le Crenit

°, Montbert : krenit, " la tremblaie ", formé à partir de krenn, tremble.

 DECLASSEMENT : TROP DOUTEUX 

 

Gourmalon, Pornic : nom d’homme vieux-breton Uurmaelen, " sourcils bruns "

 

 gourmalon.jpg

 Villa à Gourmalon

 

 

 

(photo Cercle Celtique de Pornic)

 

 

 

Le Grénit

, Paulx : également de krenit, " la tremblaie ". L’initiale mutée en g sous-entend la présence ancienne de l’article breton (ar grenit, ou plus exactment an grenit en vieux-breton). Le Grénit se rencontre à quatre reprises dans le Morbihan et une fois à Paulx, mais nulle part ailleurs en France, indice supplémentaire de bretonnité.

 DECLASSEMENT : TROP DOUTEUX

 

Guisseneux (aussi noté Dix-Neuf°, Guineuf° et Guiseneuf°), Bourgneuf en Retz : du nom d'homme vieux-breton Uuethenoc, "guerrier". Les différentes notations du cadastre, comportant ou non le son z hérité du th vieux-breton, attestent de l’ancienneté du toponyme. En cas de nom d’homme importé récemment, une seule forme phonétique serait connue. Comparer l’évolution de ce nom en Haute-Bretagne (Brière) : Guihéneuf, et en Basse-Bretagne : Guezennec.

 

Les Haligans°, Corsept : de halegenn, " le saule ", " la saulaie ". L’article pluriel devant ce toponyme aurait tendance à nous orienter vers un nom d’homme. Cependant voir Haligoux sur la même commune.


Le Haligour°, Saint-Mars-de-Coutais : probablement halegoù, " les saules ".

Les Haligoux°, Corsept : halegoù, " les saules "

 

Le Halloué°, Saint-Colomban : variante possible de halegoed, " saulaie " (comparer avec Hellouet en Plusquellec, 22, et Elléouet en Sizun, 29).

DECLASSEMENT : PRESENT DANS D'AUTRES REGIONS


Le Hecqueux, La Plaine-sur-Mer : de heskeg, " endroit à laîche " (nom de plante)

 Forme ancienne : Le Hequeux 1787 (carte de Cassini)

 

Banc de Kerouars, Préfailles : composé en ker, " village ", le second élément étant sûrement un nom d’homme. Notons la présence du village de Quirouard à proximité, probablement de même étymologie.

Forme ancienne : Kerouars 1693 ("Carte particuliere de la coste de Bretagne", d'Herman Van Loon)

 

 Kerbidet au cadastre de La-Plaine-sur-Mer et Préfailles est peut-être comparable à l'ancien fief de  Carbidel en Campbon (44), signalé par Henri Quilgars. Le déterminant, plutôt obscur, se retrouve au cadastre de Préfailles : Le Bidet.

Ker Lanie (noté Ker Lany au cadastre) à Saint-Père-en-Retz semble être un véritable nom en kêr, peut-être suivi de lannig, "petite lande".

Lesnaiwe°, Le Clion-sur-Mer : semble correspondre à lez nevez, " la cour neuve ". Corruption très probable ou ancore nom d’homme, en tous cas un toponyme curieux.

 

Limur, nom disparu de Saint-Père-en-Retz. Il sagit d'une ancienne seigneurie dont le nom semble composé du breton liz, "cour seigneuriale", et de l'adjectif meur, "grand", soit "la grande cour". Cette forme est tirée du dictionnaire topographique d'Henri Quilgars.

Le Loch et Chemin du Loch au cadastre de La Plaine-sur-Mer (avec aussi la cacographie Hoch par probable fausse coupe : L'hoch) : forme ancienne Le Loc 1405 (Cartulaire des sires de Rays) ; de loc'h, étang côtier.

Les Magores (rochers), La Bernerie-en-Retz : peut-être de magoer, " muraille ".


Mean°, La Planche : maen, " pierre ", ou singulatif en –enn de maes, " campagne ".

identique au toponyme Méan en Saint-Nazaire

 

Menbriant°, Préfailles : nom d’homme breton composé des éléments Maen, " fort ", et Brient, " privilège ".

 

Le Ménigou, La Plaine-sur-Mer : de maenigoù, " les petites pierres ". Indice intéressant, côtoie la Pointe de La Pierre, de sens très proche. Ce cas d’un toponyme breton voisinant sa traduction en français est fréquent dans la toponymie de Haute-Bretagne.

 

Mindin (Mendinum XIè, Mendin 1554), Saint-Brévin-les-Pins : maen din, " la forteresse de pierre ".

 

Mindine (Ile), Bouguenais : semble identique à Mindin

 

Penfour, Saint-Brévin-les-Pins : penn forn, " la pointe du four ".

Forme ancienne : Penfour 1693 ("Carte particuliere de la coste de Bretagne", d'Herman Van Loon)
Ce toponyme apparaît sur les anciennes cartes marines, et survit aujourd’hui dans le nom d’un chemin à proximité du Pointeau.

 

penfour.JPG

Extrait de la carte de Cassini


On peut y lire "pointe de Penfour"

 

 

Port Meleu

, Préfailles : semble contenir le nom d’homme vieux-breton Maeloc. On peut plus simplement penser au français meule.

 

Ajouts Karrikell : 

Portmain (plage de), Pornic :

de Maen, Pierre , le port à la pierre.

Selon l'auteur de l'article Main en vieux français signifie Grand (du latin Magnus, Grand)

 

Port-aux-Goths, Pornic :

Ce toponyme paraissant farfelu, les Goths n'ayant laissé aucune trace dans l'histoire et la toponymie de Bretagne ni de la France de l'Ouest, ce toponyme peut venir de "Porhou Goh" , du breton "les vieux ports" ou "les vieilles places".

Cette interprétation est sujette à discussion puisqu'elle ne repose sur aucune forme ancienne.

Selon l'auteur, cette graphie spectaculaire et fausse est en fait "Port au Gaud",  le port de M. Le Gaud

 


Le Quenia° ou Le Quenard°, Chauvé : dérivé de keneac’h, forme de type sud-armoricain pour kreac’h, " colline ". Comparer avec le vannetais Kenyah, et les Canard des Côtes-d’Armor, de même étymologie.

 


Le Rohy° , Bouguenais : roc'hig, "petit rocher".

Le Roiloup ou Le Roueloup°, Corsept : roc’helloù, " les petits rochers ". 

 

Le Mont Scobrit (Scobrit 839), Saint-Viaud :  est signalé à l’emplacement de cette commune au IXème siècle ; ce nom viendrait du vieux-breton scao brith , " sureau tacheté ".


Le Scouvaine°, Corcoué-sur-Logne : de skavenn, " le sureau " (prononcé skovenn dans certains dialectes bretons)

 

Le Talverne° ou Le Talverre°, Bourgneuf-en-Retz : tal gwern, " le bout du marais ". Possible corruption du mot calvaire par palatalisation de la consonne initiale.

 

Le Telman, Machecoul : de tal maen, " le bout des pierres " ?

DECLASSEMENT :  déformation du français ténement

 

Le Toulain°, Port-Saint-Père : toull lann, " la lande percée " (par un chemin), toponyme breton très fréquent.

 

Tréhan,°, La Bernerie-en-Retz : diminutif en –an de tré, " village ", ou anthroponyme importé.

 

Les Tréans, Les Moutiers-en-Retz : semble identique à Tréhan à la Bernerie.

 

Ajout Karrikell

Treguerinau, Bouin (Vendée) commune des Marches

Village de Guerinau

Selon l'auteur, vient du roman tré, à travers + nom d'homme Guérineau = à travers le domaine de Guérineau

 

Les Tremelas°, Arthon-en-Retz : Treb Melar, "le village de (saint) Meloir". Ce saint breton était honoré dans le pays Nantais à Avessac. Probablement un anthroponyme d’après l’article.


 

portmin.JPG

 Extrait de la Carte de Cassini


On peut y  lire "Premeleu" et "PortMin"


Le Trevignon°, Machecoul : composé en treb, "village". Pour la second élément nous proposons l’hyptohèse d’un mot ancien pour marais (cf. gallois mignen). Nous aurions donc treb vignen, " le village du marais ", par mutation consonnantique. On peut aussi penser au breton gwinnion, " aubier ".

  DECLASSEMENT : nom d'homme Trévignon attesté dans le Pays Nantais depuis le 17e siecle

 

  Trevignoux°, Saint-Hilaire-de-Chaléons : peut être rapproché de Trevignon en Machecoul. Ici le –ou final marquerait un pluriel, donc " le village des marais ". On peut aussi penser au breton *vignoc formé à partir du latin vinea, " vigne ". Ce serait alors le " village des vignes ".
 




Toponymes bretons du Pays de Retz cités dans le Cartulaire de Redon.

Ce document rédigé en latin à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, entre les IXème et XIIème siècles, nous livre un témoignage historique inestimable sur la situation linguistique du Pays de Retz à cette époque : très majoritairement de langue romane, on y rencontre aussi des noms d’expression bretonne.

 

Sur 26 toponymes de l’ouest du Pays de Retz cités dans le Cartulaire de Redon (à l’ouest de la ligne Frossay-Machecoul), 4 sont bretons, soit 18%. Cela est évidemment insuffisant pour tirer une règle, mais donne un indice supplémentaire de présence de la langue bretonne. Ces quatre noms ont disparu aujourd’hui.

 mamenoc Cartulaire de Redon, correspondant au toponyme 'mamenoc', Feuillet 155 v., DVD le cartulaire de Redon, AHID, Rennes 2005.

 

Bremefen

, insula (Ile Saint-Michel, Machecoul), 1081-1084. Voir supra pour l’hypothèse étymologique. 

 

Glemarhuc

, vineae (Frossay), 1062-1089. Nom d’homme vieux-breton composé des éléments gleu, " brave ", et marchoc, " chevalier ".

 

Kendalaman

, Quendalaman, insula (Ile Saint-Michel, Machecoul),1081-1084. Comporte l’élément ken, " beau ". 

 

Mamenoc

, campus (Frossay) 1019-1052 : nom d’homme vieux-breton composé de mat, " bon " ,et monoc, " prince ".

 

On notera que les toponymes bretons désignent des lieux uniquement ruraux : par deux fois une île, puis un champ et une vigne.

Les toponymes romans se répartissent comme suit : noms de communes ou établissements religieux : 17 ; toponymes ruraux : 5.

 

La proportion bretonne augmente donc considérablement dès lors qu’on s’éloigne des agglomérations ou des centres religieux. Mais il faut aussi se méfier des apparences : trois des quatre toponymes bretons sont des noms d’hommes.

Or, les actes concernant Frossay font apparaître une profusion de noms breton au XIème siècle : Droaloi, siegneur du Migron, Riuallon, Derian, Tanghi, Iudichael… D’après Bernard Tanguy, ces noms correspondent à une mode, et pas forcément à la pratique de la langue bretonne. Ces toponymes formés à partir de noms d’hommes peuvent donc avoir été créés par des personnes de langue bretonne ou romane.

 

 


 

 

 

Quelques noms de famille bretons encore portés dans le Pays de Retz :


(vb. : vieux-breton)


Briant ou Briand : du vb. Briant, " élevé "

Cadoret : vb. CatUuoret, " secours au combat "


Guitteny : semble contenir l’élément Uuethen, " guerrier ". Ce peut aussi être un diminutif du nom roman Guitton.


Hervé : du vb. Haerueu, " vigoureux fort ". Possible confusion avec le nom d’origne germanique Hariwic.

 

Jarneau


Mainguy : du vb. MaenCi, " chien fort ", avec probablement le sens de " guerrier fort " (le chien était utilisé comme animal de combat dans les armées bretonnes médiévales).


Rialland : du vb. RiUualon, " roi valeureux ".

 : vb. Iarnou, formé sur Iarn, " fer ".

 


Le Pays de Retz maritime : une extension méridionale de la Haute-Bretagne mixte ?

Si l’on additionne cette toponymie bretonne résiduelle –qui nécessiterait un examen bien plus poussé- à l’existence de mots bretons dans le gallo de l’ouest du Pays de Retz, la région se présente sous un nouveau jour : longtemps considéré comme appartenant à la zone purement romane de Bretagne, plus ou moins associé au Poitou dans l’inconscient collectif, le Pays de Retz semble bien avoir reçu un apport non négligeable de colons de langue bretonne dans sa partie occidentale.

Il paraît donc judicieux de classer la façade maritime du Pays de Retz, à l’ouest d’une ligne Frossay-Machecoul, dans la Haute-Bretagne " mixte ", zone marquée par l’empreinte de la langue bretonne.

Nous aurions alors une situation de parfaite symétrie aux deux extémités maritimes de la Haute-Bretagne, Bourgneuf-en-Retz et Roz-sur-Couesnon jouant le rôle de frontières non seulement au niveau géographique, mais également linguisitique à une période donnée.

 

Brittophones en Retz : cause ou conséquence du rattachement à la Bretagne en 851 ?

 

Il va sans dire que la position frontalière du Pays de Retz, ajoutée à la nécessité de contrôler les côtes, peut avoir joué une rôle dans l’établissement de troupes et de seigneurs brittophones après 851. Cependant, on notera que le nom breton Scobrit est attesté en 839 à Saint-Viaud, soit avant l’extension du territoire breton aux pays de Rennes, Nantes et Retz. Il y a donc fort à parier que le langue bretonne était déjà parlée au Pays de Retz avant cela, et que les Bretons annexèrent une région avec laquelle ils étaient déjà familiers. Les vendanges réalisées au sud de Nantes par les armées de Waroc’h, trois cents ans avant 851, sont restées célèbres.

En conclusion, nous pensons que le pays de Retz occidental a connu une situtation de bilinguisme breton-roman sur une période difficilement mesurable, probablement de courte durée.

 

 


BIBLIOGRAPHIE
  • Hervé Abalain : Histoire de la langue bretonne. Ed. Gisserot, 1995.
  • Cartulaire de Redon, AHID, Rennes 2005
  • J.C. Cassard : La Bretagne des premiers siècles, le haut moyen-âge.Ed. Gisserot, 1994
  • X. Delammarre : Dictionnaire de la langue gauloise. Ed. Errances, Paris 2001.
  • Y. Desbordes : Petite grammaire du breton moderne. Mouladurioù hor yezh, Lesneven 1995
  • A. Deshayes : Dictionnaire des noms de lieux bretons. Le Chasse-Marée / Armen, Douarnenez 1999
  • F. Falc’hun : Les noms de lieux celtiques, 3 volumes . Editions Armoricaines, Rennes 1966
  • L. Fleuriot : Le vieux-breton, éléments d’une grammaire, Klincksieck, Paris 1964
  • F. Gourvil : Langue et littératures bretonnes. PUF, Paris 1952.
  • INSEE : Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits, Loire-Atlantique, révision informatique, AAIEC 1989 (Association pour L’Applicaiton de l’Informatique aux Etudes Celtiques)
  • Y. Mathelier : Le guérandais, dialecte breton du Pays Nantais. Mémoire de Maîtrise, Rennes 2005.
  • J.Y. Le Moing : Noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, Spézet 1990
  • J.Y. Le Moing : Noms de lieux de Bretagne. Bonneton, Paris 2004.
  • E. Rondel, Au pays gallo. Ed. Club 35, Fréhel 1992.
  • Henri QUILGARS, « Dictionnaire topographique du département de la Loire-Inférieure », Librairie Durance, Nantes 1906.
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