Partie 3 Arguments linguistiques

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1.2 Arguments linguistiques

 

Joseph Loth cite son prédécesseur Aurélien de Courson quand il parle des noms en Armorique.

 

Tous les noms de lieux sont de caractère Gallo-Romain et tous les noms de personne sont soit latin soit germanique partout où les Bretons ne se sont pas installés. Le contraire est aussi vrai selon Loth ; où les Bretons sont présents, les noms sont celtiques.

 

Par exemple, les Bretons n’utilisent pas les noms de lieux en -acum, un suffixe très fréquent dans les régions gallo-romaines, avec beaucoup de variantes .

 

Charles Rostaing estime que ces noms de lieux en -acum datent du début de la romanisation

 

Au lieu de ça, les Bretons utilisent les préfixes comme plou-

( commune, paroisse ) et caer- (ville, cité)

 

Le mot plou, en breton moderne ploue Campagne vient du latin plebes gens ordinaires , cf. gallois plwyf (paroisse)

 

F. Falc’hun est d’accord, mais en tire une conclusion différente.

 

Le fait que les noms en -acum soient nombreux au sud est et les noms en plou nombreux au nord-ouest ne suggèrent pas que le Gaulois était éteint en Armorique .

 

Cela montre que le nord-ouest était resté celtique et que dans le sud-est le latin gagnait du terrain et que les les Bretons étaient seulement une minorité .

 

Falc’hun dit que si le gaulois avait disparu, il aurait du disparaître avant l’arrivée des Bretons, car les deux langues étaient similaires ; pour lui ils sont comme deux dialectes d’une même langue .

Cela aurait été vraiment improbable qu’un dialecte remplace l’autre, ils ont sans doute plutôt fusionné .

 

Loth argumente quant à lui que le gaulois devait être éteint, car sinon le Breton aurait été beaucoup plus différent du Gallois et du Cornique qu’il ne l’est .

Cependant, si on admet que Gaulois et le Britonnique étaient très proches, le breton n'aurait pas beaucoup changé pour autant par rapport aux autres Langues britonniques.

 

Dans le chapitre suivant, nous analyserons les convergences et les divergences entre le Breton et le Gaulois.

 

Hubschmied pense quant à lui que le Gaulois a survécu beaucoup plus longtemps que ce que nous pensons .

Sa recherche met le focus principalement dans les Alpes Suisses, très loin de la Bretagne.

Falc’hun se réfère à cette étude et ajoute qu’il est légitime de penser que la pression du latin était plus forte dans les Alpes qu’elle ne l’était en Armorique, car l’Armorique est une impasse « terrienne »

 

D’autres comparaisons sont faites entre les situations linguistiques de nombreuses langues autres que le gaulois, Falc’un assure que l’étrusque était encore parlé dans l’armée romaine au 5eme siècle.

 

Les Etrusques sont si proches de Rome.

Cependant le sort de la langue étrusque reste à débattre et incertain .

 

Le basque est encore vivant, malgré que son territoire ait été conquis, et que l’influence latine était forte dans la région .

Dans ce cas, il argumente , que cela serait incroyable de penser que le gaulois aurait été remplacé par le Latin dans une région aussi éloignée de Rome.

 

 

François Falc’hun est confiant que le gaulois n'était pas mort avant l’arrivée de la langue bretonne, en se basant principalement sur Sidonius Apollinaris

Il fait remarquer que la noblesse est toujours et partout la première à adopter une nouvelle langue : si la noblesse d’Auvergne a commencé à apprendre le latin au Veme siècle, alors il serait très surprenant que les gens du peuple ne savaient plus le Gaulois à la fin du Vieme siècle.

Le fait que l’Armorique est une péninsule éloignée est aussi un argument en faveur de la survie tardive du gaulois selon Fleuriot.

Dans le nord-ouest de l'Armorique, il est encore plus probable de supposer que le gaulois ait survécu tardivement, car Carhaix était la seule place forte de la région, mais ce fort était déjà en déclin au troisième siècle.

 

La proximité de la Grande-Bretagne était une bonne condition pour la survie d’un langage celtique ; il y avait de forts liens entre l’Armorique et la Grande-Bretagne.

Ces liens ont non seulement maintenu le gaulois tardivement mais c’est aussi la raison pour laquelle le cornique a survécu aussi longtemps.

 

Meid montre, sur la base d'inscriptions mixtes latin-grec-gaulois du IIIe et du début du IVe siècle, que le gaulois et le latin se sont adaptés l'un à l'autre.

Cela a abouti à changement de code et mélange de code dans ces inscriptions.

 

Meissner pense que l’on ne peut utiliser ces textes pour dire quoique ce soit sur la situation du gaulois, parce que les deux langues semblent avoir été séparées et ne sont pas aussi mélangées que Meid le pense.

Il est possible que le gaulois ait été lourdement influencé par le latin et inversement, mais , comme le dit Meissner, cela ne démontre pas que le gaulois existait encore dans ces régions reculées.

 

Falc’hun mentionne que l’ancienne limite entre le Breton et le Français, sur une carte de Aurélien de

Courson,qui était censée indiquer l’extrème limite de la progression du Breton vers l‘est .

 

Cependant, il est beaucoup plus probable, selon à Falc’hun, d'interpréter cette frontière comme la récession extrême du Celtique vers l’Ouest.

 

Historiquement, l’étape la plus importante dans l’extension du Breton, est la conquête de Rennes et de Nantes.

 

On s'attendrait ainsi que la langue bretonne aurait progressé vers ces villes, mais elle a fait le contraire : la frontière linguistique décrit un arc à une certaine distance de Rennes et de Nantes.

 

Falc’hun pense que la langue rencontra des obstacles insurmontables, et s'avança donc vers l'est entre les deux villes.

Cependant, cela est peu probable, selon Falc'hun.

Il est plus probable de dire que le l'influence romane des villes a repoussé la langue celtique, c'est-à-dire gauloise, et que cette frontière est ainsi d'un stade antérieur à l'expansion bretonne.

 

Si nous suivons l’explication de Falc'hun, la frontière linguistique en Bretagne était à l'origine la frontière entre la langue latine en progression et la langue gauloise en régression.

 

La langue bretonne fusionna avec le Gaulois et le latin se transforma en français, et c'est ainsi qu'est née la frontière entre la langue française et la langue bretonne.

L'INFLUENCE DE LA LANGUE GAULOISE SUR LE BRETON (3)  - ADRIAAN VAN DOORN - 1.2 Arguments linguistiques

Falc’hun dit que si le gaulois avait disparu, il aurait du disparaître avant l’arrivée des Bretons, car les deux langues étaient similaires ; pour lui ils sont comme deux dialectes d’une même langue .

Cela aurait été vraiment improbable qu’un dialecte remplace l’autre, ils ont sans doute plutôt fusionné .

 

Loth argumente quant à lui que le gaulois devait être éteint, car sinon le Breton aurait été beaucoup plus différent du Gallois et du Cornique qu’il ne l’est .

Cependant, si on admet que Gaulois et le Britonnique étaient très proches, le breton n'aurait pas beaucoup changé pour autant par rapport aux autres Langues britonniques.

 

Dans le chapitre suivant, nous analyserons les convergences et les divergences entre le Breton et le Gaulois.

 

Hubschmied pense quant à lui que le Gaulois a survécu beaucoup plus longtemps que ce que nous pensons .

Sa recherche met le focus principalement dans les Alpes Suisses, très loin de la Bretagne.

Falc’hun se réfère à cette étude et ajoute qu’il est légitime de penser que la pression du latin était plus forte dans les Alpes qu’elle ne l’était en Armorique, car l’Armorique est une impasse « terrienne »

 

D’autres comparaisons sont faites entre les situations linguistiques de nombreuses langues autres que le gaulois, Falc’un assure que l’étrusque était encore parlé dans l’armée romaine au 5eme siècle.

 

Les Etrusques sont si proches de Rome.

Cependant le sort de la langue étrusque reste à débattre et incertain .

 

Le basque est encore vivant, malgré que son territoire ait été conquis, et que l’influence latine était forte dans la région .

Dans ce cas, il argumente , que cela serait incroyable de penser que le gaulois aurait été remplacé par le Latin dans une région aussi éloignée de Rome.

 

 

François Falc’hun est confiant que le gaulois n'était pas mort avant l’arrivée de la langue bretonne, en se basant principalement sur Sidonius Apollinaris

Il fait remarquer que la noblesse est toujours et partout la première à adopter une nouvelle langue : si la noblesse d’Auvergne a commencé à apprendre le latin au Veme siècle, alors il serait très surprenant que les gens du peuple ne savaient plus le Gaulois à la fin du Vieme siècle.

Le fait que l’Armorique est une péninsule éloignée est aussi un argument en faveur de la survie tardive du gaulois selon Fleuriot.

Dans le nord-ouest de l'Armorique, il est encore plus probable de supposer que le gaulois ait survécu tardivement, car Carhaix était la seule place forte de la région, mais ce fort était déjà en déclin au troisième siècle.

 

La proximité de la Grande-Bretagne était une bonne condition pour la survie d’un langage celtique ; il y avait de forts liens entre l’Armorique et la Grande-Bretagne.

Ces liens ont non seulement maintenu le gaulois tardivement mais c’est aussi la raison pour laquelle le cornique a survécu aussi longtemps.

 

Meid montre, sur la base d'inscriptions mixtes latin-grec-gaulois du IIIe et du début du IVe siècle, que le gaulois et le latin se sont adaptés l'un à l'autre.

Cela a abouti à changement de code et mélange de code dans ces inscriptions.

 

Meissner pense que l’on ne peut utiliser ces textes pour dire quoique ce soit sur la situation du gaulois, parce que les deux langues semblent avoir été séparées et ne sont pas aussi mélangées que Meid le pense.

Il est possible que le gaulois ait été lourdement influencé par le latin et inversement, mais , comme le dit Meissner, cela ne démontre pas que le gaulois existait encore dans ces régions reculées.

 

Falc’hun mentionne que l’ancienne limite entre le Breton et le Français, sur une carte de Aurélien de

Courson,qui était censée indiquer l’extrème limite de la progression du Breton vers l‘est .

 

Cependant, il est beaucoup plus probable, selon à Falc’hun, d'interpréter cette frontière comme la récession extrême du Celtique vers l’Ouest.

 

Historiquement, l’étape la plus importante dans l’extension du Breton, est la conquête de Rennes et de Nantes.

 

On s'attendrait ainsi que la langue bretonne aurait progressé vers ces villes, mais elle a fait le contraire : la frontière linguistique décrit un arc à une certaine distance de Rennes et de Nantes.

 

Falc’hun pense que la langue rencontra des obstacles insurmontables, et s'avança donc vers l'est entre les deux villes.

Cependant, cela est peu probable, selon Falc'hun.

Il est plus probable de dire que le l'influence romane des villes a repoussé la langue celtique, c'est-à-dire gauloise, et que cette frontière est ainsi d'un stade antérieur à l'expansion bretonne.

 

Si nous suivons l’explication de Falc'hun, la frontière linguistique en Bretagne était à l'origine la frontière entre la langue latine en progression et la langue gauloise en régression.

 

La langue bretonne fusionna avec le Gaulois et le latin se transforma en français, et c'est ainsi qu'est née la frontière entre la langue française et la langue bretonne.

L'INFLUENCE DE LA LANGUE GAULOISE SUR LE BRETON (3)  - ADRIAAN VAN DOORN - 1.2 Arguments linguistiques

1.3 Gaulois en Armorique?

 

L'essentiel de la discussion autour de la question de savoir si le gaulois était encore parlé en Armorique à l'époque de l’arrivée des Bretons est basée sur des preuves secondaires, c'est-à-dire des preuves qui ne sont pas armoricaines, et il est difficile d'interpréter ces éléments. Saint Magloire est la seule source primaire d'Armorique, mais on ne peut pas être certain que le récit parle de gaulois et non de breton.

 

Les autres mentions historiques et les preuves qu'apporte hubschmied pour la survie tardive du  gaulois dans les Alpes rendent plausible la possibilité que le gaulois fut resté vivant dans des régions plus ou moins reculées comme l'Armorique .

 

Le fait que l’étrusque était parlé jusqu’au Veme siecle et que le basque est encore parlé de nos jours peut signifier que l'influence du Latin n’était pas aussi profonde dans certaines régions, mais, comme nous l’avons vu, le destin de l’étrusque n’est pas tout à fait certain.

 

Il y a bien une répartition des toponymes sur l'ensemble de la Bretagne, mais il n'est pas facile de dire de quoi il s'agit. Joseph Loth et François Falc'hun en tirent des conclusions différentes.

 

Cependant sur le la base des noms de lieux, il est impossible de dire si le gaulois était encore vivant à l'époque, car les noms de lieux ont tendance à perdurer, même lorsqu'ils ne sont plus compris. Le point soulevé par Fleuriot sur le lien entre les peuples de langue celtique de des deux côtés de la Manche, ne doit pas être oublié. Ce contact aurait très bien pu être un facteur important dans la situation linguistique du gaulois.

 

La frontière linguistique évoquée par Falc’hun pourrait très bien témoigner d’un recul du gaulois, et il est possible de conclure que le breton a pris la place du gaulois en Armorique et non celle du latin.

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