Joseph Loth (1847 - 1934). | ARCHIVES MUNICIPALES DE PONTIVY

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Le haut- vannetais se sert aussi de miten avec son nasal .

 

 

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Le vannetais emploie à côté de riket « dû » reket.

 

 

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On dit en vannetais non seulement hanter-hand mais encore hanter-kant.

De même que le dialecte de Batz a kimat pour timat ( vite), le bas -vannetais a kiek pour tiek « chef de ferme » , « chef de famille, laboureur » .

 

 

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On dit aussi en bas -vannetais: 

  • iorh et liorh
  • ies et lies
  • chudel pour skudel
  • dichuic'h pour diskuic'h

Comme à Batz , en vannetais , la dentale finale tombe dans un grand nombre de cas , si le mot suivant commence par une consonne : on dit abre' mat et non abred mat << de bien bonne heure »> , etc.

 

 

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Il est impossible que goulen demander soit pour gourven venant de gour- menn ;

gourven fût certainement resté aucun dialecte breton n'a de répugnance pour ce son rv.

Le vieux- breton dogurbonneu ne peut sans témérité être rattaché à la racine menn . On trouve en gallois un mot aujourd'hui disparu auquel il doit être rattaché : bwnneiaid  prières

 

 

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Comme à Batz , dans une partie du haut-vannetais , à Quiberon. par exemple , l'article se contracte avec la préposition a : a'enn daol « de la table » .

 

 

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Il n'est pas exact que la terminaison oc'h ne se trouve dans les dialectes armoricains, à l'exception de celui de Batz, qu'avec le son du futur.

Presque partout on se sert de ouzoc'h « vous savez », sans parler de oc'h « vous êtes » .

 

 

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En haut- vannetais , on a formé , comme à Batz , toute une conjugaison sur me wer « je sais » .

 

 

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Il est impossible que dans gober « faire » , le g soit altéré d'un d. Les deux formes dober et gober existent dans les mêmes lieux en vannetais, dober ou dobir avec le sens de besoin , gober ou gobir avec le sens de faire.

Le g de gober est peut- être dû à l'analogie de gobr  "salaire" . sans en être tiré .

L'infinitif tiré de gobr est goprat.

 

 

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M. Ernault remarque avec raison que nous avons eu tort dans notre étude sur le verbe avoir en breton, où il y a d'ailleurs plus d'une autre erreur , de rapprocher du léonard beza les formes du présent en ez.

La forme hoès ou mieux e hoès ( -oc'h eus) « vous avez » existe dans tout le vannetais, mais hopes ou plutôt e pes est beaucoup plus usitée en bas-vannetais et n'est inconnue , croyons-nous , sur aucun point du territoire vannetais

Quant à la présence de de aux troisièmes personnes , l'explication de M. Ernault nous parait inadmissible à tout point de vue nous nous proposons de reprendre ce sujet .

 

 

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M. Ernault revient sur la forme hopysy du breton de l'Avocat Pathelin que nous avons adoptée . Nous reconnaissons avec lui que ho indique un pluriel , tandis que pysy semble une deuxième personne du singulier, et qu'une correction ici est légitime , mais cette forme hybride n'est pas une forme hypothétique, c'est la leçon des manuscrits , que nous aurions peut-être traitée avec moins de scrupule , si d'autres , en maint autre endroit du texte , avaient usé d'un peu moins de liberté, nous pourrions dire de fantaisie .

 

 

Vocabulaire

Dans la dernière partie , le vocabulaire , il y a un certain nombre de mots propres au dialecte de Batz , empruntés pour une bonne part au français ; on y remarque aussi quelques mots bretons usités dans ce dialecte avec une acception particulière.

 

 

Conclusion

 

L'étude de M. Ernault prouve une connaissance des dialectes bretons modernes, fort approfondie et bien difficile à acquérir pour quelqu'un qui , comme lui, n'est pas d'un pays bretonnant .

Elle montre aussi d'un autre côté que l'étude des sous-dialectes bretons ne sera jamais exempte de lacunes et d'inexactitudes , tant que les Bretons bretonnants résidant dans le pays ne se seront pas mis sérieusement à l'œuvre .

 

Joseph Loth

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