extrait de Presqu'île Guérandaise, Pierre de la Condamine, 1952

extrait de Presqu'île Guérandaise, Pierre de la Condamine, 1952

 

JOSEPH LOTH : Analyse de l'étude  sur le dialecte breton de la presqu'ile de Batz, par Emile ERNAULT

 

 

M. Ernault a tiré les éléments de cette étude de deux manuscrits contenant un grand nombre de phrases avec deux dictionnaires , qui lui ont été communiqués par M. Léon Bureau .

 

Les lecteurs de la Revue celtique connaissent déjà de M. Bureau une traduction de la parabole de l'enfant prodigue en dialecte de la presqu'ile de Batz .

 

Ce dialecte se meurt et MM . Bureau et Ernault auront bien mérité des études celtiques en en recueillant les restes et en en fixant les principaux traits .

 

Leurs recherches auront amené un premier résultat bien prévu d'ailleurs, mais qui ne laissera que d'étonner un certain nombre d'archéologues , c'est que ce dialecte ne renferme aucun élément saxon or on sait qu'on voulait à tout prix , particulièrement dans le pays nantais, faire des gens du pays de Batz une colonie saxonne .

 

La linguistique donne un dernier coup à cette opinion contredite également par l'histoire.

 

Le travail de M. Ernault est divisé en trois parties : phonétique,grammaire, vocabulaire.

 

Il eût été bien désirable que M. Ernault représentât tout d'abord la valeur phonétique exacte des caractères qu'il emploie ; il eût évité à ses lecteurs un embarras sérieux .

 

Certains faits phonétiques auraient aussi besoin d'être éclaircis et même justifiés par des phrases.

 

C'est ainsi que nous éprouvons quelque scrupule à admettre que le s soit une lettre additionnelle dans pous kec'h (pauvre cher) . Il faudrait savoir si pouskec'h est féminin ou masculin .

 

En effet en bas-vannetais , on dit au masculin pou-kec'h ou plutôt paw-kec'h pour pawr-kec'h et au féminin paus-kec'h pour pawres-kec'h .

 

A Batz , suivant M. Ernault , on préfixe un s dans chtrao (ailleurs trao) , or page 3 nous lisons treo et tro : dans quel cas le phénomène indiqué a-t-il lieu ?

 

Le dialecte de Batz , tout en ressemblant plus au dialecte de Vannes qu'à aucun autre , a pris par son isolement, suivant M. Ernault , une physionomie spéciale qui l'en rend tout aussi distinct que le cornouaillais ou même le trégorrois l'est du léonard .

 

C'est peut -être aller un peu loin , le dialecte de Batz conservant, comme M. Ernault lui même en a fait la remarque, surtout dans la partie la plus caractéristique de sa phonétique, dans son vocalisme , les traits distinctifs du vannetais .

 

Il serait plus exact de dire que l'idiome de Batz est une variété du vannetais , un sous- dialecte vannetais avec des traits propres assez accusés .

 

Plusieurs des faits considérés comme caractéristiques du dialecte de Batz par M. Ernault se produisent même sur d'autres points du territoire vannetais .

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