René Kerviler, l'ingénieur et historien ayant marqué Saint-Nazaire mais ....banni car trop Breton ?
Portrait de René Kerviler (1842-1907), historien. Carte postale F. Château, conservée aux Archives de Rennes
René Kerviler, de façon inexpliquée, a été rayé de la carte des grands noms de l'histoire de Saint-Nazaire en 1945, alors qu'il a travaillé pendant près de 30 ans à Saint-Nazaire (1874-1903), rayé de la carte en compagnie de :
* Jean d'Ust, héros nazairien de l'indépendance bretonne, ancien nom de l'avenue de la République
* l'ingénieur en chef de Carcaradec aussi (longtemps supérieur de René Kerviler)
Inexpliqué car il a été un des ingénieurs qui a créé les chantiers navals modernes de Saint-Nazaire (il a construit le Bassin de Penhouët (1875-1881), le pont roulant hydraulique (1884), le phare des Charpentiers (1887), des cales, des ateliers, de nombreux édifices urbains détruits dans les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et des installations portuaires considérées en leur temps comme des travaux remarquables.)
Alors pourquoi ?
La municipalité post 1945 on pourrait imaginer que ce petite aristocrate breton, était conservateur voire royaliste ?
pas du tout ! sa famlille était "bleue", très républicaine !
La seule explication en 1945 c'était qu'un aristocrate pour (re)donner un nom de rue aurait été mal perçu, et 1945 a amené un autre paradigme pour renommer les rues .
La seule existence publique de René Kerviler est le CRTT qui a été créé dans les années 1990.
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Les noms de rue Kerviler en Bretagne
Pourtant il y a des rues Kerviler ailleurs en Bretagne :
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rue René de Kerviler, à Vannes , sa ville natale
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rue René de Kerviler à Lorient sa ville de retraite et décès
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rue René Kerviler à Brest
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rue kerviler à Rennes
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Centre de Recherche et de Transfert de Technologies
René Kerviler (Saint-Nazaire)
Ce nommage en "René Kerviler" du CRTT fut initié sous l'impulsion de Jean Cevaër, ingénieur de Saint-Nazaire et qui prit à sa retraite la responsabilité administrative du Centre de formation supérieure de St-Nazaire de 1989 à 1996( à côté de cela, il fut une des chevilles ouvrières du CUAB (aujourd'hui Bretagne Réunie))
pour en savoir plus sur Jean Cevaër : cliquez ici
A signaler que dans les articles que j'ai pu trouvé dans la presse régionale , René Kerviler est occulté , on parle du CRTT.
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Biographie de René Kerviler
René Mathurin Marie Pocard du Cosquer de Kerviler, communément appelé René Kerviler, né le 13 novembre 1842 à Vannes, mort le 12 mai 1907 à Lorient, est un ingénieur, archéologue et bibliographe breton, auteur du monumental, mais inachevé, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne.
La famille Pocard du Cosquer de Kerviler est une famille d'ancienne bourgeoisie bretonne.
Biographie résumée
Etudes
- collège Saint-François-Xavier de Vannes
- École polytechnique en 1861, comme son père avant lui
- Ecole des Ponts et Chaussées en 1863.
Carrière
- D'abord ingénieur ordinaire chargé de mission en Angleterre, Belgique et Hollande en 1866
- puis ingénieur à Tarbes en 1867
- à Saint-Brieuc (1869)
- à Saint-Nazaire de 1874 jusqu'à sa retraite en 1903 :
- il est affecté comme ingénieur en chef en 1882 à Saint-Nazaire.
Saint-Nazaire lui doit beaucoup de son développement :
- construction du bassin de Penhoët
- entrée du port, etc.
- premier pont roulant manœuvré hydauliquement (300 tonnes) établi en France
- phare des Charpentiers (1887)
- des cales, des ateliers, de nombreux édifices urbains détruits dans les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et des installations portuaires considérées en leur temps comme des travaux remarquables.
- Il est nommé inspecteur général des Ponts et Chaussées.
Retraite
- Retraité en 1903 à Lorient, il se consacre alors totalement à des études littéraires, artistiques et à l'histoire de la Bretagne.
Membre actif de nombreuses sociétés savantes, il apporte notamment sa contribution à l'œuvre entreprise par la Société des Bibliophiles bretons. Outre les nombreuses publications faites sous son nom, il écrit sous l'emprunt de nombreux pseudonymes :
L. de Kerpénic, Lawore de Kerpénic, Locpéran de Keriver, N. Leverrierec, Perrin de Kerlovarec, Phillippe Muller.
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un érudit breton
La période entre 1850 et 1918 fut riche en érudits bretons, à l'instar du 3eme empire , souvent les notables et aristocrates de cette époque en firent partie, on peut penser à Théodore Hersart de La Villemarqué (Créateur du Barzaz Breiz), Arthur de la Borderie , etc...à la création de l'union régionaliste bretonne, aux cahiers savants de l'Académie Celtique et tant d'autres .
En parallèle de sa profession René Kerviler fut donc un archéologue et historien de la Bretagne.
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Source : https://books.openedition.org
1874-1880 : L'affaire du chronomètre préhistorique de Penhouët de René Kerviler,
Sorbonne, hommage du Ministre
C'est ainsi qu'à l'âge de 35 ans il fait une entrée fracassante sur la scène des débats qui partagent les historiens des années 1860-1880 : les origines de l'homme, la nature et la datation des premiers monuments « druidiques » ou « celtiques », la classification des âges préhistoriques. Les cadres chronologiques nouveaux proposés par le danois Worsaal (âges de la pierre, du bronze, du fer) sont-ils valables en Bretagne ? Que deviennent alors les Celtes ? Qui a construit les dolmens et les menhirs ? Jusqu'où reculer l'âge des premiers hommes en France10 ?
De 1874 à 1880, l'affaire du chronomètre préhistorique de Penhouët marque le sommet de la notoriété de Kerviler mais aussi l'échec de ses théories et leur disparition totale du débat scientifique français : en réalisant le bassin de Penhouët, Kerviler ne manque pas de faire des fouilles qui aboutissent d'abord à la découverte d'un crâne en 1874 qui est daté du Néolithique par le célèbre anthropologue Mortillet.
Les années suivantes, les ouvriers exhument des poteries, armes de bronze, une hache de pierre polie et divers fragments d'os de cerf. En comparant les lieux de ces découvertes avec la coupe des diverses alluvions de la Loire, Kerviler publie dans la Revue archéologique de 1877 (1er trimestre) le résultat de ses observations et de ses déductions.
Au prix de calculs approfondis, il estime que 35 cm d'alluvions représentent un siècle, inventant ainsi un véritable « chronomètre » de la Préhistoire bretonne susceptible de résoudre les questions en cours.
Les objets trouvés à Penhouët datant donc du xve siècle avant J.-C., époque de l'arrivée du bronze en Armorique, et en descendant jusqu'à la roche-mère, l'étude des alluvions conduit aux origines même de l'humanité — une dizaine de milliers d'années —, ce qui permet de prouver l'exactitude du récit de la création de l'homme dans la Bible, acte de foi auquel Kerviler ne peut renoncer.
Au congrès des sociétés savantes de France, du 4 au 7 avril 1877, dans l'enceinte de la Sorbonne, Kerviler est la vedette du jour.
Le ministre de l'Instruction Publique, M. Waddington lui rend un hommage particulier et accorde 500 F de subvention pour qu'il puisse continuer ses travaux...
Taxé de cléricalisme par le doyen de la faculté des sciences de Rennes et disgrace
Taxé de cléricalisme et d'obscurantisme, Kerviler est vigoureusement attaqué par Mortillet et par le doyen de la faculté des sciences de Rennes ; il doit se défendre, se justifier, ce qu'il fait en septembre 1877, au congrès de l'Association bretonne, à Savenay.
Appelés au secours, le Comte de Limur et le docteur Mauricet viennent visiter le bassin de Penhouët en août 1878. Ils observent la coupe stratigraphique mais ne fournissent aucune conclusion...
Kerviler demande l'arbitrage de l'Académie des sciences qui nomme une commission qui ne déposera jamais de rapport...
Le triomphe de la Sorbonne est bien loin ! Dans les années 1880, les découvertes de Kerviler sont oubliées et l'opinion scientifique internationale a définitivement adopté les nouvelles idées et les nouvelles classifications des ères préhistoriques...
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Localisation de la bataille des Vénètes en Brière : thèse vivement contestée
Dans les années 1872-1873, Kerviler avait conçu et publié un premier grand travail : Géographie de la presqu'île armoricaine au commencement et à la fin de l'occupation romaine. Il y défendait une thèse elle-même très controversée sur un sujet qui préoccupait beaucoup les historiens d'alors : la localisation de la bataille navale au cours de laquelle Jules César battit les Vénètes. Kerviler défendit l'idée que le golfe du Morbihan n'existant pas à cette époque et l'estuaire de la Loire étant, en revanche, beaucoup plus vaste, c'est en Brière que se déroula cette bataille. Jules César n'avait jamais franchi la Vilaine, donc il n'était jamais venu en vue des côtes du Morbihan... Cette position vigoureuse fut également vivement contestée par la majorité des historiens.
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Lassé des déconvenues, il se dirigea vers des études avec des sources incontestables
Amour de la Bretagne
Peut-être ces déconvenues ont-elles poussé Kerviler à ne se consacrer qu'à des études solidement fondées sur des sources incontestables ? Son amour de l'histoire de Bretagne et sa passion pour la collecte des références bibliographiques vont occuper tous ses loisirs d'ingénieur.
Dans une première catégorie nous placerons les travaux d'ingénieurs publiés dans les Annales des Travaux Publics ou des Ponts et Chaussées ou dans les rapports administratifs. Joignons-y les oeuvres poétiques (recueil « Bruyère et Lilas » par exemple) dont les sonnets ne forcent pas l'admiration..., mais posent parfois des problèmes historiques. Nous nous permettons ici de reproduire le poème intitulé « Carnac » très représentatif de la personnalité de l'auteur :
Le soir, vous inspirez une sainte terreur,
Colosses de granit aux ombres gigantesques ;
Quand la lune se glisse entre vos arabesques,
Le paysan recule en frissonnant d'horreur.
L'antiquaire lui-même hésite et craint l'erreur...
Êtes-vous les témoins de ces jours titanesques
Où le ciel, foudroyant d'Apis les soldatesques,
Sauva Saint Cornély des coups de leur fureur ?
Êtes-vous les piliers du temple des Druides ?
Où les stèles d'honneur marquant les places vides
Dans les rangs des héros défenseurs du vieux sol ?
Êtes-vous les jalons du Conseil des Vénètes ?...
Qu'importe, si, par vous assuré de son vol,
L'esprit s'élève à Dieu qui voit ce que vous êtes !
En composant ce sonnet, Kerviler se fait l'écho de ses propres préoccupations : n'écrit-il pas qu'il hésite entre les diverses théories d'explication des origines des alignements et qu'il « craint l'erreur... » (Comme pour le chronomètre préhistorique de Saint-Nazaire ?). Faute de pouvoir choisir entre la légende des soldats de Saint-Cornély, le temple des Druides et la salle du Conseil des Vénètes, il préfère s'en remettre à Dieu omniscient...
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Oeuvres mineures
Parmi les œuvres mineures ou secondaires, on regroupera ses souvenirs de voyages, la publication des mémoires de son père ou des contributions aux ouvrages de Paul Sébillot, des articles dans la Revue des Arts et Traditions Populaires...
Pendant ses années d'études à Paris, il fréquente les Archives Nationales et y puise à son gré. Ainsi, Kerviler a beaucoup publié sur l'histoire de l'Académie française de 1871 à 1882 (une marotte ?), mais encore sur certains personnages, académiciens ou non, qui ont eu un rôle sous l'Ancien Régime.
Il fit ainsi plusieurs études consacrées au chancelier Pierre Séguier (1588- 1672), au diplomate Abel Servien (1593-1659), négociateur du Traité de Munster, ou à des célébrités de la famille de Colbert ou de celle de Louvois. On lui doit aussi de nombreuses notices biographiques de quelques « Éternels » et une synthèse intitulée La Bretagne à LAcadémie Française au xviie siècle, 1879, (541 pages), et un second volume consacré au siècle suivant et paru en 1889, chez le même éditeur parisien, Victor Palmé (658 pages).
Anthologie des poètes bretons, parue à Nantes en 1884
Avec Olivier de Gourcuff, il signe une Anthologie des Poètes bretons du xviie siècle, parue à Nantes en 1884, à la Société des Bibliophiles bretons (286 pages). Mais ces deux ouvrages de matière bretonne se rapprochent déjà des grands travaux d'érudition qui sont la spécialité de notre ingénieur.
Autres travaux
Ses autres grands travaux sont souvent demeurés inachevés. Il avait commencé une série de recherches sur les députés bretons sous le titre : Cent ans de représentation bretonne. Il en a publié deux tomes. Le premier volume concerne les Etats généraux et lAssemblée constituante 1789-1791 (Perrin, 1888, 162 pages). Le deuxième volume traite de lAssemblée Législative (Perrin, 1891, 480 pages). La suite des « Cent ans » n'a pas vu le jour.
Kerviler a fait œuvre originale par ses recherches sur la Révolution, avec notamment le volume : La Bretagne pendant La Révolution, publié en 1912 par les Bibliophiles bretons (361 pages). L'ouvrage compte trois parties :
1. Débuts de la Révolution - Fin de la nationalité bretonne.
2. Agonie et mort de la Royauté.
3. Triomphe, agonie et mort de la république (avec comme sous-titres : La guerre civile, La Convention et le Directoire).
Il s'agit de la reprise de textes écrits pour une Histoire de Bretagne dont nous parlerons tout à l'heure.
Armorique et Bretagne
L'ouvrage intitulé Armorique et Bretagne rassemble un certain nombre d'articles et études (dont celle du « Chronomètre Préhistorique ») en trois tomes parus en 1892 et 1893, chez Champion (ayant respectivement 286, 362 et 368 pages). Le plan est simple :
1. Sur l'Armorique.
2. La Bretagne jusqu'à la Révolution.
3. La Bretagne pendant la Révolution et depuis.
C'est l'occasion pour Kerviler de rééditer sont travail sur « Clubs et clubistes du Morbihan de 1790 à 1795 » et de donner quelques notices fournies sur des notabilités comme Brue ou Dufilhol
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Ses grands travaux bibliographiques
Obsédé par l'accès aux sources, Kerviler avait l'ambition de tout recenser ce qui s'était écrit sur la Bretagne pour constituer un fond documentaire exhaustif sur l'histoire de cette « province ». Il s'est très tôt consacré à la bibliographie.
Au congrès de l'Association Bretonne de Vannes de 1874 il lit son Esquisse du projet de Bibliothèque historique de la Bretagne. Après avoir présenté la géographie, l'histoire naturelle et l'agriculture bretonnes, il élabore un plan détaillé d'un exposé de l'histoire de Bretagne en multipliant les classifications.
En 1884, il publie un Essai d'une bibliographie des publications périodiques de la Bretagne qui ne connaîtra que quatre livraisons jusqu'en 1898.
En 1905, il a en projet une Histoire de la Bretagne en six volumes illustrés avec la collaboration de Joseph Loth, de Calan, Trévédy et du Cleuziou. (Il rédige lui-même le premier volume sur la période préhistorique et gallo- romaine et les années 1203-1364...). Il pensait ne pas faire double emploi avec l'histoire de La Borderie15 mais, abandonné par certains de ses coauteurs et par l'éditeur pressenti, il n'eut pas le temps de mener ce projet à son terme.
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Sa grande oeuvre : Répertoire de Bio-Bibliographie bretonne
Le grand œuvre de René de Kerviler est son « Répertoire de Bio-Bibliographie bretonne » paru chez Plihon (Rennes) de 1886 à 1907 en 17 volumes, mais arrêté à la lettre G... à la mort de son auteur et continués seulement en 1978-1985 dans des conditions différentes...
- La lettre A comprend 918 articles et 417 pages ;
- B, 3755 articles et 3771 pages ;
- la lettre C, 3584 articles en 1481 pages ;
- D, 203 articles et 855 pages ;
- E, 505 articles et 110 pages ;
- la lettre F, 1136 articles et 201 pages,
- enfin le G (jusqu'à GU) environ 2300 articles et 1 205 pages.
Ainsi, les 6 premières lettres de l'alphabet totalisent 14200 références en 8040 pages. Si certains noms ne donnent lieu qu'à quelques lignes, il existe quelques notices exceptionnellement développées où Kerviler ne nous épargne aucune notule et en vient même à publier de larges extraits de poésies, de lettres, d'articles de journaux...
Le principe du répertoire est de citer tous les auteurs Bretons qui ont écrit sur la Bretagne (et seulement les Bretons, dans un premier temps du moins) mais aussi de citer toutes les publications, écrits ou sources, qui parlent d'un personnage d'une famille bretonne déterminée. Ainsi, Brizeux aura une douzaine de pages comme les Corbière, parce qu'ils ont écrit des oeuvres bretonnes mais les Avaugour, les Beaumanoir ou Fouché, sur lesquels il a été publié, seront aussi évoqués même s'ils n'ont eux-mêmes rien écrit.
Au palmarès des plus longues notices on peut ainsi relever quelques vedettes de l'histoire bretonne :
Le Général Boulanger : 207 pages (record absolu...). L'auteur ne manque pas de faire état du recul qu'on peut avoir vis-à-vis d'un personnage (dont il ne connaissait pas la fin à l'époque de la rédaction de sa notice) puisqu'il note que les générations à venir seront étonnées de voir combien le général avait suscité la « folie » de ses contemporains. Il n'empêche qu'en ne nous épargnant aucun ordre du jour du ministre rennais il laisse échapper son penchant politique ou la conception qu'il a d'un « grand breton contemporain »...
On trouve ensuite des articles très fournis sur des écrivains : Chateaubriand (93 pages), Paul Féval (36 pages), les Corbière père et fils (13 pages), Élie Fréron (26 pages), Brizeux et beaucoup d'académiciens. Viennent ensuite des historiens ou archéologues contemporains comme Arthur de La Borderie qui trône en tête avec 41 pages, suivi de Fouquet, Bertrand d'Argentré, de l'Estourbeillon, Bizeul...
Des familles notables ou bourgeoises sont également bien représentées (de Boisgelin, de Cambout, de Carné, Fournier, Bernard, Fouquet, Bigot, etc.) voire quelques hommes politiques déjà connus mais pas encore arrivés au faîte de leur carrière comme Aristide Briand, qui fut conseiller municipal de Saint-Nazaire...
Innombrables enfin sont les références sur les avocats, les médecins (qui ont tous écrit au moins une thèse !), les députés ou autres élus locaux...
Demeuré inachevé par la mort de Kerviler, le répertoire a été continué au bout de douze ans de travaux et de retouches par les Archives de Loire- Atlantique et la bibliothèque municipale de Nantes.
Les papiers de Kerviler ont été en partie dispersés par ses héritiers mais plusieurs dossiers ont été conservés, parfois partiellement, après leur utilisation par certains érudits comme Louis Jégou ou l'abbé Chauffier de 1907 à 1913. Une partie d'entre eux (dossiers, coupures de presse, notules et papiers divers découpés au ciseau, fiches) fut achetée en 1937 par la ville de Nantes. En 1941, Mademoiselle d'Haucourt, bibliothécaire, a tenté une rédaction des lettres manquantes du répertoire mais il a fallu de nombreuses années et de multiples collaborations pour les traiter toutes et encore de façon partielle puisque Kerviler n'avait pas rassemblé tous les documents nécessaires à cet usage ou que ceux-ci ne nous sont parvenus que de façon incomplète.
Le résultat a fourni la matière de trois tomes édités de 1978 à 1985 par Floch (Mayenne), soit, pour les 19 lettres restantes, un ensemble d'articles plus courts représentant 1858 pages.
On voit donc les limites de ce Répertoire. Il ne concerne que les notables et est même présenté par Xavier du Boisrouvray comme un Dictionnaire biographique de la bourgeoisie bretonne au xixe siècle. (Il oublie qu'il concerne aussi la noblesse). Il développe essentiellement les lettres A à G. Il renvoie à des ouvrages écrits précédemment où il a traité en détail certains personnages (Boullé, Dusers...). 11 commet quelques erreurs et omet certains noms... Il importe donc d'en être conscient quand on l'utilisera mais, tel qu'il se présente, c'est une mine d'or pour tout chercheur et, au moins, un point de départ ou de vérification.
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Conclusion :
Malgré son péché de jeunesse, René de Kerviler reste l'un des types de l'érudit provincial et de l'historien breton du xixe siècle. Sa place dans les débats de son temps est importante et il croise le fer avec La Borderie aux congrès de l'Association Bretonne ou bien il défend l'identité bretonne (la « nationalité », comme il l'appelle) dans ses recueils historiques et ses discours de président de l'Union Régionaliste Bretonne. Il est donc représentatif de l'engagement de certains milieux aristocratiques dans le premier mouvement breton.
Cet homme, qui fut un bourreau de travail et qui n'était pas historien de profession, a su s'entourer de collaborateurs et puiser aux sources les plus irréprochables des archives et de la bibliographie. Il a mis autant d'énergie à rassembler les éléments de sa Bio-Bibliographie qu'à creuser le bassin de Penhoët. Il demeure incontournable dans l'historiographie bretonne car, de même qu'on a recours au Larousse ou au Petit Mourre, ne travaille-t-on pas encore avec le Kerviler et la suite du Kerviler ?
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Conclusion finale Karrikell :
Un homme aussi illiustre que René Kerviler mérite sans nul doute un nom de rue à Saint-Nazaire, c'est une anomalie criante .
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