Monuments mégalithiques de la presqu'île Guérandaise de René KERVILER - Introduction (1/7)
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Cette publication est le sixième chapitre extrait de "Armorique et Bretagne" (1892) de René Kerviler . Rappel : je rapporte très peu des notes internes qui sont souvent des bibliographies.Les inscriptions en bleu sont de moi pour vulgarisation.
Hervé Brétuny, Karrikell.
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Statistiques des monuments dits préhistoriques , mégalithiques et gallo-romains
de la presqu'île Guérandaise.
Cette étude, publiée d'abord aux Mémoires de l'Association bretonne, pour le Congrès de Savenay en 1877, a été complétée par des notices précédemment insérées aux Mémoires de la Société archéologique de la Loire- Inférieure en 1873 et 1875.
Depuis cette publication, M. Pitre de Lisle a donné dans les Mémoires de la même Société archéologique, en 1882 et 1883, une statistique monumentale de l'arrondissement de Saint-Nazaire .
Il m'a souvent cité : je vais lui rendre la pareille en ajoutant quelques-unes de ses observations personnelles à celles que j'ai faites moi-même .
La presqu'île guérandaise porte ce nom à fort juste titre : c'est un vaste monticule qui fut jadis entouré d'eau sur les neuf cent quatre-vingt-dix- neuf millièmes de son périmètre, et qui n'était retenu au continent, vers le nord-est, que par un isthme fort étroit, sur lequel s'élève aujourd'hui le village de Saint-Liphard ; cet isthme fut barré à une époque fort ancienne, par un immense retranchement encore en partie debout et connu sous le nom de Grands -Fossés .
M.Ernest Desjardins, dans le premier volume de son remarquable ouvrage sur la Gaule romaine, n'admet pas cet isthme, et pense que ce que nous appelons la presqu'île guérandaise a été jadis une ile. Nous ne sommes pas de cet avis : il suffit de visiter Saint-Lyphard pour reconnaitre que la Loire n'a jamais pu avoir un de ses bras sur ce point. ll y a un chaînon naturel de faite, sans alluvions vaseuses.
La Loire coulait au sud : l'Océan s'étendait à l'ouest avec un cordon d'îles dont les plus importantes étaient le Pouliguen , Batz et le Croisic, aujourd'hui réunies entre elles et à la terre ferme par les grands apports de sable et de vase qui comblent de plus en plus le Trait du Croisic.
La baie de Mesquer la bornait au nord , et à l'est la Grande-Brière , aujourd'hui transformée en marais , formait un vaste golfe en communication avec la Loire, et parsemé d'îles qui émergent encore au-dessus des tourbières .
Les anciennes populations hyperboréennes, ligures, celtes et gauloises, reconnurent l'importance de cette situation exceptionnellement favorable à la défense, et l'occupèrent fortement, ainsi que le constatent les nombreux débris antiques qui jonchent son sol.
Les Romains pillèrent les monuments de la Presqu’île Guérandaise
Au moment où César acheva la conquête des Gaules, les Venètes en avaient, depuis quelque temps, pris possession, après les Samnites, qu'ils avaient soumis à leur domination ; et c'est là, très probablement, ainsi que nous l'avons plusieurs fois démontré, en apportant de nouveaux arguments à la thèse soutenue par M. Sioch'an de Kersabiec, c'est là que César frappa le grand coup qui anéantit la puissance navale et militaire de cette valeureuse peuplade armoricaine .
Les conquérants usèrent de représailles cruelles : on massacra le Sénat , on vendit à l'encan les habitants de la presqu'île, et l'on viola systématiquement tous les grands tumulus, monuments sacrés du culte funéraire des aïeux. C'est ce qui explique pourquoi on ne trouve plus ici que des débris , tandis qu'on a pu fouiller avec succès la plupart des grands tumulus intacts du Morbihan, non violés par César, qui n'a pas, selon nous , traversé la Vilaine.
Il y a donc un intérêt historique sérieux à conserver le souvenir de tout ce qui reste encore de ces monuments; et nous y attachons d'autant plus d'importance, qu'on remarquera combien souvent nous citerons des dolmens mutilés ou complètement disparus.
Nous indiquerons même des mutilations toutes récentes, exécutées pendant le cours de l'année 1877. Ne serait- ce pas l'occasion d'exprimer un vœu formel pour que tous les mégalithes bien constatés soient, une bonne fois , déclarés monuments historiques, et pour qu'il soit interdit de les détruire¹?
(Le Congrès de Savenay s'est associé très chaudement à ce voeu de conservation)
Nous avons mis à profit, pour cette nomenclature, non-seulement nos observations personnelles qui nous ont permis de relever plusieurs faits non connus, mais aussi les indications fort précises données par M. Desmars , dans sa brochure sur la presqu'île guérandaise, et par M. Pitre de Lisle , dans son travail fort complet sur l'arrondissement de Saint-Nazaire, et les recherches spéciales encore inédites de M. l'abbé Gallard, ancien aumônier d'une communauté à Nantes, et de MM. Martin et Muterse, de Guérande, à qui nous adressons ici nos plus sincères remerciements pour l'obligeance extrême avec laquelle ils ont bien voulu nous permettre de mettre à profit leurs notes et leurs nombreuses découvertes.
Ceci posé, nous entrons immédiatement en matière , et nous adopterons le sectionnement par commune .
- Saint-Nazaire
- Saint-André
- Saint-Lyphard
- Guérande
- Mesquer
- Piriac
- Escoublac
- Marais salants et îles Guérandaises
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