Monuments mégalithiques de la presqu'île Guérandaise de René Kerviler / Marais salants et îles guérandaises 7/7
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Cette publication est le sixième chapitre extrait de "Armorique et Bretagne" (1892) de René Kerviler . Rappel : je rapporte très peu des notes internes qui sont souvent des bibliographies.Les inscriptions en bleu sont de moi pour vulgarisation.
Hervé Brétuny, Karrikell.
_______________________________________________________________________________________________________________________________________Statistiques des monuments dits préhistoriques , mégalithiques et gallo-romains de la presqu'île Guérandaise.
Les Baules
Tous les atterrissements qui ont formé les marais salants de Guérande et qui ont réuni à la terre ferme les anciennes îles de Saillé , du Croisic et de Batz , sont de formation moderne; on les voit se développer tous les jours : la baie intérieure du Croisic se rétrécit de plus en plus, et les salines les plus rapprochées du rivage actuel ne datent que du siècle dernier : les atterrissements nouveaux prennent le nom de baules ; lorsqu'ils sont suffisamment avancés , on les endigue , et on obtient ainsi de nouveaux réservoirs pour l'exploitation du sel .
Plusieurs points de l'intérieur ont conservé le nom de baule, qui leur avait été anciennement donné, et témoignent ainsi de la marche progressive des alluvions dans les époques modernes .
Largeur des salines moindre
Mais j'ai obtenu une preuve palpable de l'importance extraordinaire de ces atterrissements dans les derniers siècles ; les marais salants qui occupent aujourd'hui une bande de deux kilomètres de largeur, au pied du cirque des collines guérandaises, formaient une bande d'à peine deux cents mètres de largeur au moment de l'occupation romaine, et l'on peut affirmer, par conséquent, que les grands rochers, à aspect de falaises rongées par la mer, qui se trouvent au pied des collines, étaient en effet baignés par la mer aux époques celtiques ou gauloises.
J'ai pu déterminer cette largeur des salines au moment de la chute de l'Empire romain, en pratiquant des sondages méthodiques dans le marais. J'ai reconnu, en effet, avec M. Martin , sur l'indication d'un paludier du village des Maisons-Brûlées, que toutes les salines romaines étaient bétonnées et dallées.
Coteau de Guérande à Clis donnant sur le domaine de Kersalio (Loire-Atlantique, France) Photo Wikipedia Jibi44
Marais salants romains : bétonnées et dallées
Les dalles sont des briques à rebords posées sur le béton, avec les rebords par dessous, de manière à faire bien corps avec lui. De cette façon, on avait une aire beaucoup plus propre que la simple vase pour ramasser le sel; et, ce qui est beaucoup plus important, l'eau sur cette aire étant plus chauffée, on obtenait plus de sel. Ces dallages se trouvent aujourd'hui dans les oeillets , sous une couche de vase, dont l'épaisseur varie de 5 à 10 centimètres, suivant les salines.
Il est probable qu'après les violentes commotions qui suivirent la chute de l'Empire romain, les salines ne furent plus exploitées; les oeillets romains se recouvrirent de vases, et, lorsqu'on reprit l'exploitation, on n'avait plus le souvenir du dallage.
Relancer le dallage au 19eme siècle : trop cher, plus d'esclaves !
Il y a quelques années, plusieurs industriels eurent l'idée, sans connaître le procédé romain, de daller un certain nombre de salines pour obtenir une meilleure exploitation; mais ils reculèrent devant la dépense énorme que nécessitait cette opération; ce qui donne, une fois de plus, raison à ce proverbe populaire, qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Les Romains avaient des esclaves, et ne s'inquiétaient guère de la dépense .
M. Léon Maître , dans l'une des dernières livraisons de ses Villes disparues, a contesté nos observations et affirmé qu'il n'avait pas retrouvé de salines dallées. C'est possible, mais je ferai remarquer qu'il vient quinze ans après nous, et que les choses ont eu le temps de changer depuis cette époque. J'ai encore, dans mon cabinet, plusieurs des dalles formées de briques à rebords que nous avions trouvées parfaitement en place, avec les rebords par-dessous et noyées dans le béton pour former scellement . Il ne pouvait y avoir aucune erreur sur leur destination .
Gabarre gallo-romaine
Une autre découverte qui confirme les précédentes conclusions a été celle des débris d'une gabarre gallo-romaine, dans un ancien étier, aujourd'hui complètement disparu sous la vase et sous une saline en exploitation, à 200 mètres de la terre ferme; le groupe des salines voisines s'appelle encore le Loc, ce qui prouve que là devait être le port d'embarquement.
Avec l'autorisation de la propriétaire, nous avons, M. Martin et moi, fouillé la saline en grand, et nous avons retiré tous les débris du bateau, en particulier des membrures en chêne, disposées à clins à l'extérieur : les couples sont composés de trois pièces, et nous ont fait conclure que cette gabarre devait contenir une quarantaine de tonneaux, et avoir environ 15 mètres de longueur : elle était pointue de l'avant et de l'arrière, et elle avait au moins 3 mètres 50 de largeur et autant de profondeur; les chevilles et gournables sont en bois blanc, avec une cale de chêne ; le vaigrage intérieur était retenu avec des clous en fer, à section carrée ; ce qui prouve bien son origine gallo -romaine, ce sont des briques à rebords, trouvées pêle-mêle avec les débris, sous 1 mètre de vase en moyenne. Une série de petits pieux , plantés debout et en ligne, semblait même indiquer qu'il y avait, en ce point, une estacade de débarquement ou d'embarquement, au bord de l'étier. Je dois ajouter que c'est dans ces parages et un peu plus près de la terre ferme, que M. Martin a recueilli une petite ardoise sur laquelle sont gravés des caractères qui ont une forte ressemblance avec du sidonien cursif (phénicien) : telle a été , du moins à première vue , l'opinion de M. de Saulcy .
Quant aux îles mêmes, Batz et le Croisic, il n'y a pas grand chose à en dire, et les restes anciens y sont rares .
Au Croisic , je citerai seulement le grand menhir situé sur l'éminence qui domine l'océan; à Batz, le menhir qui s'élève au- dessus du petit port de Saint-Michel; et au Pouliguen démembré de Batz, l'oppidum de la pointe de Penchâteau dont j'ai déjà parlé .
Grande Brière mottière
Il convient de compléter cette statistique par quelques mots sur la Grande-Brière mottière, qui borne à l'est la presqu'île Guérandaise, comme les marais salants la bornent à l'ouest.
Cette Grande-Brière fut jadis un golfe parsemé d'îles, encore appelées de ce nom, quoique la plupart soient aujourd'hui entourées de prairies et de pâturages : et ce golfe se déversait en Loire par la baie de Penhouët, sous le dolmen de Saint-Nazaire . J'avais d'abord pensé que le niveau des alluvions devait être à peu près le même dans le grand golfe et dans la baie de Penhouët : -mais j'ai bientôt reconnu mon erreur.
Un certain courant existait toujours aux environs de l'embouchure en Loire, beaucoup plus considérable que dans l'intérieur du golfe . Il en résulta que les eaux vaseuses précipitèrent leurs dépôts beaucoup plus vite au fond de la Brière qu'à l'embouchure, en sorte qu'à l'époque romaine en particulier, la tourbière devait exister déjà dans une partie du golfe, vers le fond et entre les nombreuses îles de l'ouest, quoiqu'à Penhouët le niveau de l'alluvion fût établi à plus d'un mètre au -dessous des basses mers .
J'ai fait exécuter de nombreux sondages dans divers points de la Brière :
d'après ces sondages, d'après les coupes des fondations d'anciens ouvrages exécutés pour le service vicinal ou pour le syndicat des marais, et d'après des renseignements oraux recueillis de différentes sources, je suis arrivé à cette conclusion que l'épaisseur de tourbe qui recouvre toute cette immense étendue de la Brière est peu considérable : elle ne varie guère qu'entre 1m,50 ou 2 mètres.
Origine du bois fossilisé ou "morta"
Par dessous, on rencontre, suivant les points, de la vase très argileuse, ou du sable graveleux, jusqu'à des profondeurs très variables, car le rocher inférieur est très inégal. Cette couche de tourbe contient, à sa partie supérieure, d'immenses troncs d'arbres, presque tous de chêne, complètement noyés dans la masse, et qui ont pris, avec une teinte noire, une dureté de fibre extraordinaire . Contrairement à ce qui a été dit et souvent imprimé, ces troncs d'arbre ne sont pas tous couchés dans la même direction : le pêle-mêle est absolu; nous en avons plusieurs fois observé qui sont groupés en triangles, ou en polygones de toutes formes .
Un grand nombre de ces troncs d'arbre possèdent encore leur souche, témoignant ainsi qu'ils ont été arrachés en grand : d'autres au contraire ont été brisés au ras du tronc, et la souche reste encore à quelque distance, debout et plantée dans l'ancien sol tourbeux où elle se développa jadis.
Cet aspect très caractéristique de la Brière, qui se manifeste surtout au moment du tourbage, pendant le mois d'août, indique par conséquent que tout ce sol marécageux a été couvert, à une ancienne époque, par une immense forêt dont nous retrouvons encore aujourd'hui toutes les traces.
Des arbres avaient poussé sur le sol qui commençait à se raffermir , mais les racines ayant atteint les parties inférieures de la couche de tourbe, qui sont très humides, l'eau dut détremper davantage ce sol marécageux; le poids des arbres qui grandissaient devint considérable, et un jour de violente tempête, comme il s'en déchaîne encore quelquefois dans ces parages, la forêt ayant été enveloppée dans une sorte de cyclone, n'eut pas assez de résistance pour combattre les efforts violents qui se transmettaient dans les racines, et tous les arbres furent renversés sur place. Le désert s'étendit de nouveau au lieu de cette forêt qui n'avait duré qu'un siècle ou deux, les branches et les feuilles se mêlèrent aux débris de la tourbière inférieure : les irruptions des inondations régulières achevèrent de tout niveler : la tourbe se reforma compacte sur le marécage, et depuis ce temps la situation est la même .
A quelle époque la forêt de Brière a-t-elle disparu ?
Mais à quelle époque faut-il faire remonter la formation de la grande couche tourbeuse et le cataclysme qui détruisit la forêt supérieure ?
La tradition semble indiquer que cette destruction eut lieu vers le VIII ou le IX siècle de notre ère : mais aucun document positif ne peut nous préciser de date certaine.
Ce qu'il y a d'incontestable, c'est qu'à diverses reprises des objets archéologiques ont été trouvés sous la couche de tourbe.
Je citerai , en particulier, un marteau en pierre, percé d'un trou pour recevoir un manche en bois, et qui vient des abords de l'île du Fresny en Montoir; (ce marteau fait partie des collections de mon cabinet ,) des épées, des poignards et des haches en bronze, trouvés dans les fondations de l'écluse de Rozé, du pont de la Guesne et dans le creusement du canal de la Chapelle-des-Marais : (ces objets font partie de diverses collections , notamment de celles de M. l'abbé Godefroid et de M. le baron de Girardot . )
La formation de la tourbe date du 8eme ou 9eme siècle avant JC
Par conséquent le commencement de la formation de la tourbe n'est pas antérieur à la date de l'introduction du bronze dans ces parages, c'est-à- dire au VIII ou IXe siècle avant notre ère : et nous pouvons dire que cette formation de la tourbe correspond presque exactement, comme durée, à l'époque de l'âge du bronze en Armorique, car nous connaissons aussi plusieurs objets de bronze recueillis dans la tourbière même, près du Bois de l'lle, en Saint-André-des-Eaux. Ce sont une pointe de lance et une hachette qui appartiennent à M. Martin, de Guérande, et qui ont été trouvées en même temps qu'un collier formé de grains schisteux recouverts d'une mince feuille d'or : ces derniers ressemblent à de gros grains de chapelet oblongs : un seul a pu être conservé, le paysan qui trouva le collier en tourbant ayant donné les autres à ses enfants pour jouer, et par conséquent pour les perdre. M. Martin est l'heureux possesseur de ce précieux débris.
Nous citerons enfin , comme provenant aussi de la couche de tourbe, le magnifique torques en or qui appartient au musée de Saint- Germain et qui fut trouvé sur le territoire des marais de Crossac, vers 1860 .
De cet ensemble de faits , il me paraît résulter que la couche de tourbe a dû se former pendant les dix premiers siècles, au plus, avant notre ère.
Je ne connais aucun objet romain provenant de la tourbe : la couche inférieure devait être déjà complète au moment de leur conquête . Quant à la forêt, il m'est, pour le moment, impossible de décider quelle fut exactement l'époque de sa croissance et celle de sa destruction : je ne puis donner pour limites que le temps qui s'écoula depuis les environs du commencement de notre ère jusqu'à l'époque des premiers documents écrits qui nous restent de notre histoire.
Ce qu'il y a de certain , c'est que , dans le Cartulaire de Redon et dans nos vieux légendaires, on trouve quantité de passages attestant que des monticules, faisant aujourd'hui partie du continent aux environs de Besné et de Pontchateau, étaient alors des îles auxquelles on n'accédait qu'en barque : ces points sont aujourd'hui éloignés de plus de 10 kilomètres de la rive de la Loire, et on les comptait alors très positivement parmi les îles de la Loire. Pour trancher d'une manière définitive cette question qui intéresse d'une façon toute spéciale l'histoire des premiers siècles de notre ère, de nombreuses fouilles seraient nécessaires dans ces parages; et, d'après les renseignements que nous avons pris dans le pays , nous avons la conviction qu'elles seraient très fructueuses .
Il faut ajouter que presque tous les monticules en saillie au-dessus de la Brière, les îles, comme on les appelle encore aujourd'hui, étaient munis de monuments mégalithiques. J'en ai constaté un très grand nombre, en compagnie de M. Martin, l'infatigable explorateur des environs de Guérande : nous avons fouillé , en particulier, un tumulus à galerie découronné, dans l'île de Breca et un cromlec'h au-dessous de la Chaussée-Neuve : mais les gens du pays nous avaient depuis longtemps précédés pour extraire des pierres, et nous n'avons pu que constater l'existence des monuments, de même que celle d'une grande chambre couverte dans l'île de Cuneix, du menhir de la Pierre-au-Moine et de plusieurs cromlec'hs en plein marais¹.
(On doit regretter , en particulier, la disparition d'une sorte de cromlec'h avec pierre centrale que les travaux du chemin de fer du Croisic ont démoli en 1877 , sur le versant nord de la petite île d'Herbin, près Méans .)
Les abords de la Grande Brière (Donges, Montoir Besné etc..) sont très riches en monuments et vestiges mégalithiques
Enfin, tout autour de la Brière, les promontoires du continent sont très riches en débris mégalithiques . Je citerai spécialement
en Donges ,
- (outre le menhir de la Vache et le dolmen enfoui dans les fossés du chemin de fer, près de la gare de Donges, situés en dehors du périmètre direct de la Brière), trois monuments en ligne sur la pointe du Bois-Joubert
- un tumulus sans galerie qui a fourni des cendres et des fragments de poteries à dessins ;
- les restes d'un grand dolmen à galerie , dont une pierre de table mesure 3m30 sur 1m20 et sur 0m80 ; et une immense pierre de 5 mètres de long, 2 mètres de large et 1m40 d'épaisseur, à surface supérieure inclinée, sur laquelle on remarque des restes de lignes régulières de capsules demi- sphériques ;
- puis , à quelque distance , six autres menhirs et tumuli décrits par M. deLisle ;
- 34 haches en pierre recueillies par le même archéologue;
- une épingle en bronze de 21 centimètres , avec plaque creusée pour enchasser une pierre, du même type que celle de Penhouët , trouvée aux abords de l'île d'Er ; deux épées de bronze (collection Transon et musée de Nantes) ;
Montoir
- des poignards et rasoirs en bronze trouvés à l'est de la Guesne , etc. , en Montoir ,
- le dolmen d'Herbin ;
- une hache - marteau trouvée au Fresny , et qui fait partie de ma collection ;
- une épée de bronze qui figurait en 1789 dans le cabinet de M. de la Pommeraye;
Trignac
- un poignard , une hache et divers autres objets de bronze trouvés à Trignac et qui appartiennent àM. l'abbé Godefroid
en Besné ,
- le dolmen de l'île de Saint- Friard ;
- 27 haches en pierre polie recueillies par M. de Lisle ;
- des haches de bronze trouvées , en particulier, près du village du Gros-Chemin ; et de nombreuses exploitations d'anciennes meules à bras, sur les sommets des environs ;
en Crossac,
- le dolmen à galerie, voisin du bourg, sous lequel une vieille femme a demeuré pendant plusieurs années ;
- les dolmens de Pierre - Levée et des Rochettes ;
- une vingtaine de haches en pierre recueillies par M. de Lisle ;
- des épées de bronze, haches et anneaux trouvés dans les fondations du pont de la Guesne en 1842, et déposés au muséede Nantes , au nombre de 54 objets ;
- deux autres épées de bronze (collections . de Lisle et Ollivaud) ;
- et deux bracelets gaulois en or , dont l'un fut acheté par l'empereur Napoléon III pour le musée de Saint-Germain ;
en Saint-Joachim
- les allées couvertes de la Butteaux-Gorzeaux et de la Butte-aux- Biches ;
- et une épée de bronze trouvée au Bru ;
en la Chapelle-des- Marais ,
- 3 statères d'or avec des emblèmes divers sous le cheval androcéphale ,
- et une trouvaille d'un millier de pièces romaines qui appartiennent au musée de Nantes ;
en Sainte- Reine ,
- la Roche- aux- Fées ; le dolmen de la Vallée ,
- 8 haches en pierre polie recueillies par M. De Lisle ;
- 19 haches en bronze et une épée trouvée à Cuziac ;
en Herbignac
- l'allée couverte de Riholo
- les alignements d'Arbourg
- 8 haches en pierre polie (collections Blanchard , du Bois - Chevalier et de Lisle) ;
- une hache en bronze (collection Blanchard) ;
- 2 statères d'or avec la roue à 4 rayons ( collection Chomard de Kerdavy) ;
- 4 monnaies d'or romaines ( collections Tourgouillet et de Kersauson ) etc.; puis nous arrivons au littoral de la presqu'île guérandaise à Saint- Lyphard .
Cette rapide énumération suffit pour démontrer quelle fut, aux époques celtique, gauloise et gallo-romaine, l'importance de toute la région qui environnait la Grande-Brière, et l'on ne s'étonne plus d'y voir placer trois stations dont les noms sont parvenus jusqu'à nous : Corbilon , Brivates portus et Grannona ; et peut- être , avec elles , Portus Secor
FIN
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