Le Breton de Batz-sur-Mer (1/10) - La langue bretonne en pays Nantais
Le Breton de Batz-sur-Mer
Brehonñeik Baz
Blog Karrikell
Cet article est une copie du 13/08/2010 de l'article de Wikipedia.
Ayant eu la permission de l'auteur de cet article Wikipedia, je me suis permis de l'éditer sur mon blog et d’y ajouter des cartes, des photos, des illustrations et de refaire entièrement la présentation. J’y ai mis quelques notes de mon cru : celles-ci seront indiquées en rouge.
Merci encore à l'auteur de l'article
Karrikell
Le breton de Batz-sur-Mer est la variante du breton parlé à Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique), dernier vestige des parlers bretons du Pays nantais.
Les derniers locuteurs se sont éteints dans les années 1960.
La langue bretonne en Pays nantais (1/10)
Le breton a été parlé au Moyen Âge dans une large zone du Pays nantais s’étendant jusqu’à Lusanger, Nort-sur-Erdre, Vigneux-de-Bretagne, Bouée, et la frange littorale du Pays de Retz. Cette extension maximale, déterminée grâce à la toponymie, remonte au IXe siècle. Le bilinguisme breton-roman avait probablement cours dans de nombreuses parties de cette zone.
Par la suite, le breton a progressivement reculé vers l’ouest au profit du gallo, langue romane. On estime qu’il était encore parlé au XIIe siècle
à l’ouest d’une ligne englobant Pierric, Guémené-Penfao et Montoir-de-Bretagne.
Plus près de nous, témoignages et documents permettent de connaître avec quasi-certitude l’aire de pratique du breton en Pays Nantais :
1695
La carte de Jean-Baptiste Nolin indique que le breton est encore parlé à l’ouest d’une ligne comprenant Férel, Herbignac, Saint-Lyphard, Guérande
et Le Pouliguen ; Saint-André-des-Eaux et Escoublac (La Baule) sont en zone romane, mais à proximité de la limite breton-gallo.
Carte de Jean-Baptiste Nolin (1695)
Les Bourgs de Saint-André et Escoublac sont en zone romane mais une partie de leur territoire semble bretonnant.
1806
L’enquête de Coquebert de Montbret indique que le breton est parlé au sud de la Vilaine à Férel, Camoël, Pénestin. On apprend aussi que le breton est encore connu à Bourg-de-Batz (Batz-sur-Mer), et que « la ligne de division des deux langues commence aux salines d’Herbignac sur le territoire du département de la Loire-Inférieure (…) », soit dans la partie occidentale de la commune d’Assérac, ainsi que dans une partie de Saint-Molf, mais probablement aussi vers Mesquer et Piriac. Cette enquête ne concernait pas le département de la Loire-Inférieure pour des raisons administratives.
Elle est donc très imprécise pour la région qui nous intéresse.
Milieu du XIXe siècle
D’après un témoignage recueilli par Paulin Benoist (Exposition : La langue bretonne au pays de Guérande), des anciens parlaient encore le breton à Piriac-sur-Mer après 1830, et à Mesquer encore plus tard. En 1889, le chanoine Le Méné[2] évoque la disparition du breton à Pénestin « à une époque assez rapprochée de nous ».
1886
L’enquête de Sébillot[3] indique que le breton, s'il est éteint dans toutes les autres communes situées au sud de la Vilaine, est encore parlé à Bourg-de-Batz. Cette information est confirmée en 1887 par Alcide Leroux, qui dit que « dans quatre villages de (…) Bourg-de-Batz (Kermoisan, Kervalet, Trégaté et Roffiat, NDLA), les personnes de 40 ans connaissent toutes le breton » ; il entendit des enfants jouer en breton dans les rues du village de Roffiat, preuve de la vitalité de la langue [4].
1911
Dans l'ALBB il est indiqué: Bourg-de-Batz, Le Croisic, Loire-Inférieure, journalière, 72 ans; seules les personnes de son âge parlent bien le breton.[5]
Batz-sur-Mer est donc la dernière commune du Pays nantais à avoir parlé le breton.
Extrait de
l'Atlas linguistique de la Basse-Bretagne- Pierre Le Roux (1927)
J’ai entouré en rouge le point de collecte Batz-Sur-Mer